Fléac : le château de la discorde, le maire en appelle aux gendarmes

L'association de défense du Logis de Chalonne n'a plus accès au site. C'est le maire, par crainte d'accidents, qui en a décidé ainsi.

Il couvait depuis un moment. Mais c’est le nettoyage de printemps qui a mis le feu aux poudres. Il y a quelques semaines, armés de tronçonneuses, des membres de l’association de défense du Logis de Chalonne viennent “tailler des repousses qui cachaient le logis depuis la Coulée Verte”, selon le président Jean-Paul Verneuil.

Le maire, Guy Etienne, parle, lui, “d’arbres de trente centimètres de diamètre”. Il évoque une ingérence sur une propriété communale et porte plainte à la gendarmerie. Dans la foulée, il a même fait changer les serrures du logis. “Avant, je leur faisais confiance. Mais il y a eu l’abattage des arbres. Imaginez qu’il y ait un accident: le responsable en serait le propriétaire, c’est-à-dire moi”, justifie l’élu. Jean-Paul Verneuil dit avoir “très mal vécu” sa convocation en gendarmerie. “D’autant plus que le maire nous a autorisés à le faire même s’il prétend le contraire ! assure-t-il. Cette histoire, c’est du clochemerle qui me bouffe la vie. Mais je ne lâcherai pas le bout: ça ferait trop plaisir au maire.”

Guy Etienne lui aussi dit être marqué par cette histoire. “Je veux apaiser la situation. Voilà pourquoi j’ai demandé à ce que soit constitué un groupe de travail pour fixer une convention avec l’association de défense du Logis.” “C’est justement pour ça qu’on est là: notre mission est de valoriser et d’animer ce lieu, c’est écrit dans l’acte du legs”, avance Jean-Paul Verneuil, qui se décarcasse depuis des années avec sa cinquantaine de membres. Un week-end à nettoyer la façade par-ci, un autre à exhumer un puits par-là. Et ces fêtes costumées sur le thème de Montalembert ou George Sand “qui ont attiré 300 à 400 spectateurs” dans le cadre idyllique.

Le Logis de Chalonne, dont le terrain boisé de 14 hectares s’étend du bas de la côte Sainte-Barbe jusqu’au parc du château de Fléac, a été légué à la commune en 1998 par Fernand Pluviaud, un riche Angoumoisin. Des terrasses du bâtiment, dont les fondations remontent au XIIIe siècle, s’étend une vue imprenable et splendide sur Angoulême et la vallée de la Charente.

 

Le Logis au coeur des prochaines municipales

Un legs superbe mais encombrant pour une commune de 3.600 habitants, selon le maire. Que faire de ce château vide, de ce site inexploité que la commune n’a pas le droit de vendre ? “Combien de fois j’ai entendu dire qu’il s’agissait d’un cadeau empoisonné… On me critique parce qu’il n’y a rien, mais le maire précédent n’a pas fait mieux”, affirme Guy Etienne.

“A l’époque, la réfection du château pesait sur nos finances, rétorque Jean Dumergue, l’ancien maire, désormais soutien de Jean-PaulVerneuil. J’aurais pu refuser le legs. Mais je ne voulais pas porter cette responsabilité. Cet endroit, il faut en faire quelque chose maintenant.”

Jean Dumergue, qui avait passé la main en 2008, avait alors appelé à faire de Guy Etienne son successeur. “Je regrette de l’avoir soutenu. Il manque de charisme, est trop influencé par ses adjoints.” Aux prochaines élections, il soutiendra “Christian Cleveland” contre le sortant.

Christian Cleveland, opposant socialiste au maire divers gauche, est justement… vice-président de l’association de défense de Chalonne. Et il a son idée quant à l’avenir du site. “Si je suis élu, j’en fais le centre socioculturel et je pars à la recherche de partenaires pour voir plus grand: GrandAngoulême, le Département, voire des privés. On ne peut pas laisser tomber cet endroit en ruines.”

Quand “SOS 18” met le feu

En novembre 2006, les équipes de SOS 18, la série de France 3, avaient posé leurs caméras dans le logis. Elles étaient censées simuler un incendie que les pompiers du téléfilm viendraient éteindre. Le problème, c’est que les soldats du feu ont un peu raté leur coup. CL a pu le constater: le vrai-faux incendie a sérieusement endommagé moulures, tapisseries et plafonds. “Cette fois, je n’y suis pour rien, sourit Guy Etienne. Je n’étais pas maire à l’époque !”

Source : Charentelibre.fr

 

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