Finistère. Sur la route, les gendarmes à motos veillent au grain

Jeudi après-midi, lors d’un des contrôles menés par les gendarmes de l’Escadron de sécurité routière du Finistère, sur la voie express entre Pont-de-Buis et Hanvec.

Jeudi après-midi, lors d’un des contrôles menés par les gendarmes de l’Escadron de sécurité routière du Finistère, sur la voie express entre Pont-de-Buis et Hanvec. | Ouest-France

L’Escadron départemental de sécurité routière compte 61 hommes, dont 35 motards. Leur mission : chasser la délinquance routière. Ils sortent jour et nuit. Comme jeudi.

Reportage

« Une Citroën C5 noire à 133 km/h. » Le message sort de la radio des gendarmes, installée sur une des motos de l’Escadron départemental de sécurité routière, l’EDSR. En ce jeudi après-midi, ce service de la gendarmerie procède à une batterie de contrôles routiers. Un sur la RN12 dans le nord du département, un entre Concarneau et Quimperlé dans le sud, et le troisième ici, entre Pont-de-Buis et Hanvec sur la quatre-voies Quimper-Brest. La C5 en question arrive, encadrée par deux motards. Un fourgon, une voiture et plusieurs motos sont garés devant l’entrée du circuit de modélisme d’Hanvec.

Il y a deux types de flash : le pro laser (genre de pistolet qui a remplacé les anciennes jumelles) et le radar infrarouge embarqué/débarqué, dans une voiture ou sur le bord d’une route. Les appareils enregistrent les vitesses excessives. Les infos sont transmises par radio aux motards. Un peu plus loin, à la sortie Pont-de-Buis, un groupe est stationné en épi sur le bas-côté, après la bretelle de la voie rapide. Ils rejoignent par équipes de deux les automobilistes en infraction. Escorte jusqu’au circuit de modélisme, où le procès-verbal est dressé.

« Toujours en mouvement »

« Notre mission, c’est le contrôle des flux et la sécurité routière, explique Éric Dumas, chef d’escadron de l’EDSR. On ne fait que ça. Jour et nuit. Les motocyclistes sont une arme issue de la cavalerie. Donc on est très mobiles ! L’objectif est de toujours être là où on ne nous attend pas. Avec les applications modernes, on est très vite signalés : à nous de nous adapter et de toujours être en mouvement. »

Sur les 61 militaires, il y a 35 motocyclistes et 26 gendarmes « piétons ». Concarneau et Quimper comptent 9 motards chacun, 8 à Brest et 5 à Douarnenez. S’y ajoutent les deux pelotons mobiles de Châteaulin (13 gendarmes dont 5 motards) et de Morlaix-Saint-Thégonnec (14 gendarmes dont 4 motards).

Une heure de passée, et déjà une dizaine d’infractions. Uniquement de la vitesse. Enfin, jusqu’ici. Une Clio arrive avec deux hommes à bord. « 156 au lieu de 110 », lance un motard. Le conducteur descend… en mules et jogging ! Il n’avait déjà plus de point sur son permis. Ses antécédents sont vérifiés. Il a déjà été condamné pour trafic de drogues. Test salivaire dans le fourgon. Positif.

« Je pars avec un de mes gars : on le conduit aux urgences à Brest pour une prise de sang. D’ici l’été, on devrait être équipés d’un deuxième test salivaire. Il évitera la prise de sang, ce sera moins contraignant pour tout le monde », glisse le chef des motards avant de partir.

Ses hommes restent sur le pont. « Pour nous, ce n’est jamais la crise, glisse l’un d’entre eux. On pourrait contrôler 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, on aurait toujours du monde. La route, c’est malheureusement une guerre permanente.”

 

Le chef d’escadron commandant l’Escadron départemental de sécurité routière, Éric Dumas.

Gendarme à moto, « un rêve de petit garçon »

Profil

1990. Service militaire en tant que gendarme auxiliaire.2013. Est nommé capitaine de l’EDSR du Finistère. Il devient chef d’escadron en 2014.1er août 2017. Quittera le Finistère pour devenir commandant de la compagnie de Saverne, dans le Bas-Rhin.

Il a le sourire large, cet Auvergnat pur jus. Cantalou originaire de Riom-ès-Montagnes, le Bougnat de 47 ans a déjà fait un joli Tour de France grâce à son métier. Gendarme. Plus précisément, motocycliste. « Un rêve de petit garçon » qui s’est réalisé en 1992. Celui qui a commencé la moto à l’âge de 20 ans a toujours été « attiré par la sécurité routière. C’est un service qu’on rend à la société, même s’il n’est pas quantifiable : on ne peut pas connaître le nombre de vies qu’on a sauvées… ».

Répression

Son métier, le chef d’escadron Éric Dumas le dit « compliqué : à part quelques actions de prévention, on ne fait que du répressif : on est souvent assimilés à des gens qui prélèvent de l’argent pour l’État. Alors qu’il suffit de comparer avec ce que les accidents coûtent à la société… »

Pour Éric Dumas, tout commence en 1990. Il fait son service militaire comme gendarme auxiliaire puis intègre une brigade motocycliste à Bourges en 1992. Il part à Chartres. Le concours d’officier en poche, il devient adjoint au commandant de compagnie de Toul, en Meurthe-et-Moselle. « Je voulais rejoindre un EDSR », répète l’homme. C’est chose faite à Évry, avant son arrivée à Quimper en 2013. Mais en août, il deviendra commandant de la compagnie de Saverne, dans le Bas-Rhin.

De son activité dans le Finistère, il retiendra en particulier « la présence très fréquente d’alcool au volant et une population festive. Notamment avec les nombreuses raves-parties qui nous obligent à être vigilants sur la route du retour… »

3 500

C’est le nombre d’alcoolémies au volant relevées en 2016 par les gendarmes du Finistère. L’Escadron départemental de sécurité routière, l’EDSR, en a constaté un peu plus de la moitié, « entre 50 et 60 % », note le chef d’escadron Éric Dumas. 700 infractions à la législation sur les stupéfiants ont été relevées durant la même période.

Source : Ouest France

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