Finistère. Alain Chalet, ancien gendarme toujours sur le qui-vive

Il a passé 10 ans à la tête de la Prévention routière du Finistère. Alain Chalet a cédé sa place mais reste bénévole. Il sera sur le pied de guerre aux Vieilles Charrues.

25483-180710150837430-0-854x569Alain Chalet, 64 ans, a quitté la direction de la Prévention routière du Finistère. Sa détermination à faire baisser le nombre d’accidents sur les routes est intacte. (©Le Progrès – Le Courrier)

« Je ne suis pas entré à la Prévention routière pour faire du secrétariat mais pour mener des actions de terrain. »

Au printemps dernier, Alain Chalet a profité de la restructuration de l’association pour passer le relais à Yannick Le Quillec, qui dirige désormais les comités du Finistère et du Morbihan.

Alain Chalet a cependant tenu à rester dans les rangs des bénévoles.

Je me plais à dire que j’ai fait l’école de la rue et que j’ai appris beaucoup de choses dans ma carrière en étant sur le terrain.

Son parcours professionnel, c’est 33 ans dans la gendarmerie à gravir les échelons, un par un jusqu’au grade de capitaine. Au début des années 2000, quand il sort lieutenant, il fait partie de la même promotion qu’un certain Arnaud Beltrame, assassiné en mars 2018 dans la prise d’otages du Super U de Trèbes dans l’Aude.

Aujourd’hui, Alain Chalet est encore réserviste.

Dans ma vie, j’en ai vu des catastrophes, des drames sur les routes et je peux dire que 98 % des accidents sont dus à une faute humaine.

Pédagogie

D’où son engagement au sein de la Prévention routière, au lendemain de sa retraite en 2009.

Les actions concernent tous les publics : des enfants, des ados, des adultes, des personnes handicapées, âgées voire des réfugiés accueillis à Kerlaz, près de Douarnenez. « Les personnes qui les prennent en charge avaient cru bon de leur prêter des vélos mais ils ne connaissaient rien au Code de la route. »

Alain Chalet n’est pas du genre à reculer devant l’obstacle. Quel que soit son auditoire. On lui pose une question, il y répond, enchaîne avec des exemples, des anecdotes, digresse un peu et ne s’arrête plus. Son attitude colle bien à sa philosophie « de convaincre plutôt que de contraindre ».

Aux Vieilles Charrues

Du 19 au 22 juillet, il sera pour la 8e année consécutive aux abords du site des Vieilles Charrues à Carhaix. Son équipe est composée d’une vingtaine de personnes. Des habitués, professionnels de santé, anciens gendarmes et des étudiants.

« Tous les soirs, une heure avant la fin des concerts, nous sommes postés aux sorties. Nous ne sommes pas là pour faire la morale mais lancer un appel à la raison. » Même en pleine nuit, place à la pédagogie. « Les gens doivent savoir ce qu’est une dose-bar, c’est-à-dire qu’un verre de vin de 12,5 cl équivaut à un demi de 25 cl ou à 4 cl de whisky. Ces quantités d’alcool représentent 0,2 g d’alcool par litre de sang et il faut 2 h pour les éliminer. »

Détermination

Aux Vieilles Charrues comme dans d’autres festivals dans le Finistère (le Cornouaille à Quimper ou Fête du Bruit à Landerneau), le rôle d’Alain Chalet ne se cantonne pas à la distribution d’éthylotests. « Quand on vient nous voir juste pour ça, je dis souvent non car nous ne sommes pas chez Mc Donald’s ! Notre mission est d’informer. »

L’enjeu est de faire diminuer le nombre d’accidents sur les routes du département. Où la consommation abusive d’alcool est souvent en cause.

L’an dernier, les gendarmes ont dû relever 93 ou 96 contrôles d’alcoolémie positifs. Sur 225 000 festivaliers, ce n’est rien. Mais nous pouvons faire encore mieux.

Dans la bouche de l’ancien gendarme, ce n’est pas des paroles en l’air. Alain Chalet sait qu’il ne sauvera pas le monde à lui tout seul. Les mauvais chiffres de la sécurité routière, dans le département, montrent qu’il y a encore du travail. « Mais si chacun fait un petit effort, je crois que nous pouvons changer la situation. »

À 64 ans, l’ancien instructeur de l’école de gendarmerie de Châteaulin est toujours sur le qui-vive. Il a de l’énergie à revendre. C’est un euphémisme. Où la puise-t-il ? « À 49 ans, j’ai eu un cancer et je me suis battu. Après ça, j’essaie d’être moi-même, je vis et j’aide les autres. » C’est déjà une sacrée mission.

Source : Actu.fr

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