Facebook : ce que reçoit la gendarmerie

Franck Chacon est l'un des administrateurs de la page. - Franck Chacon est l'un des administrateurs de la page.

Franck Chacon est l’un des administrateurs de la page.

 

La compagnie de l’Indre s’est lancée, en avril, sur le réseau social. Entre messages farfelus et informations, elle en tire toutes sortes de fruits.

Le décor, ce sont les 2.100 abonnés et les publications de la page Facebook de la gendarmerie de l’Indre. L’envers du décor, ce sont ces dizaines de messages privés reçus par les militaires.
> Des insultes ? Quelles insultes ? Franck Chacon, officier adjoint aux renseignements, se félicite des messages ou commentaires « toujours softs » postés sur la page. Jamais d’insulte. Au milieu des traditionnels « Au lieu de nous embêter sur les routes, vous feriez mieux de… », se trouvent toutefois quelques attaques personnelles. « Des mises en cause de certains gendarmes, relève le commandant Chacon. Quand c’est public, on enlève et on envoie une mise en garde. On n’est pas là pour se justifier sur Facebook. »
> Les pépites. Certains messages privés sont plus difficiles à décrypter. On devine de mauvaises intentions mais on en décèle rarement la nature exacte. Un internaute s’en prend ainsi à François Hollande et « sa cravate de travers et ses plis sur le costume », extrait saisi au milieu d’un gloubi-boulga d’une cinquantaine de lignes. Un autre renvoie vers un lien vidéo appelant au coup d’État… « On n’a pas le temps d’enquêter sur les gens qui nous écrivent sur tout et n’importe quoi. »
> Lien social. « Certaines personnes ont besoin de parler », remarque Franck Chacon. La page Facebook de la gendarmerie leur en donne l’occasion. « Merci à vous pour le travail réalisé sur le terrain » ou encore un plus pinçant « Vous au moins, vous n’êtes pas des cow-boys comme la police », l’amour des Indriens pour leurs gendarmes s’y exprime. D’autres se bornent à divertir les militaires : « Une coccinelle qui vole trop vite peut-elle perdre des points ? » On n’est pas obligé d’en rire.

Les urgences c’est le 17

> Signalements de faits. L’une des réussites de cette page réside sans doute ici. « Chien errant sur l’autoroute », « une femme pieds nus sur la rocade », « une voiture stationnée à une sortie d’autoroute depuis un mois », « un accident », etc. « Quand on le peut, on envoie les unités concernées mais on rappelle toujours que, pour les urgences, il faut composer le 17 », insiste Franck Chacon. La veille Internet ne peut être assurée 24 heures/24. « On nous transmet aussi des avis de recherche que l’on relaie après accord du magistrat concerné et de la famille. »
> Mission élargie. Abondent aussi, en messages privés, des demandes moins classiques. Comme celle d’« un collectionneur d’effets militaires ». « Malheureusement, aujourd’hui, on n’a plus grand-chose », note l’officier. Il y a aussi ce mail émouvant demandant s’il est possible de partager un lien vers la page Un cœur pour Julia. « C’est un gendarme dont le bébé souffre d’une maladie cardiaque. On l’a bien sûr relayé. » Il y a enfin ceux qui, comme Benjamin, se verraient bien à la place du commandant Chacon. « Pourriez-vous me donner des renseignements pour pouvoir m’engager dans la gendarmerie ? » La réponse lui a été transmise avec plaisir.

Source : La Nouvelle République

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