EDITORIAL : De l’action sociale en gendarmerie (Trop nombreux SUICIDES)

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Poisse de poisse ! Depuis maintenant quelques semaines les suicides s’enchaînent au sein de notre institution, sans parler chez celle de nos camarades policiers. Mais que se passe-t-il donc ? Je ne comprends pas aujourd’hui pourquoi de jeunes militaires de notre arme, tous galons confondus, en arrivent à cette détermination extrême. Perdre ainsi des frères d’arme m’a toujours été aussi douloureux que difficilement cicatrisable.

Le métier est dur, ardu, difficile. Il demande beaucoup de tempérament et de force morale, il faut le reconnaitre. Il n’empêche, nous avons été formés pour cela. Dès la signature de notre contrat d’engagement nous savions à quoi nous nous exposions. Jeunes et inexpérimentés nous avons du découvrir au fil des années comment concilier vie professionnelle, vie de famille et vie privée. Combien d’entre nous, bien qu’aimant, sont aujourd’hui divorcés ou séparés ? Combien ont vu leur monde professionnel s’effondrer ? Déchirure terrible qu’il faut soigner seul, sans aucun soutien réel et dans la vraie solitude. Je le sais, je l’ai connue.

Ainsi vous vous retrouvez à votre emploi, devant faire face à des actions d’engagement difficiles, voire extrêmes, avec une désespérance psychologique que vous devez masquer. Situation forcément difficile à exprimer, toutefois vous faites bonne figure. Mais la rupture intervient obligatoirement à un moment. Si vous avez un ou des bons camarades, vous pouvez alors vous épancher. Mais si vous êtes seul . ?

J’évoque ici la situation d’une rupture familiale, mais d’autres peuvent-être décrites telles que le décès d’un enfant, la perte d’un membre de la famille, l’échec à un examen professionnel, une intervention violente en MO ou en Flag, la confrontation avec la hiérarchie, les difficultés relationnelles avec des camarades de travail, etc….

En ces circonstances aucun soutien ou secours n’est apporté. Par expérience je peux aujourd’hui témoigner et prouver que le “prétendu service social” de la gendarmerie est totalement inefficient. Mais où sont donc ces personnels sensés assister le militaire en difficulté ? Au cours de ma carrière j’ai eu à connaître au moins quatre situations professionnelles difficiles et désespérantes. La reconstruction a toujours été isolée. Jamais aucun service social de l’arme ne s’est manifesté.

Nom de D….. ! Comme nous sommes seuls, isolés, désespérés, sans âme et dont les tripes nous tiraillent ! Face à une hiérarchie aveugle, face à des camarades orientés vers d’autres objectifs, face à des subordonnés se désintéressant, rien ne nous donne l’opportunité de nous raccrocher à une branche salvatrice.

Si ces prétendus services sociaux avaient un minimum d’efficacité, comment pourrait-il y avoir tant de suicides au sein de notre arme ? A l’image de nos enquêteurs, à ceux-ci de se renseigner, d’enquêter, pour connaître les personnels en difficulté et leur apporter soutien et réconfort.

Il ne suffit pas d’avoir le “badge social”, il faut savoir l’assumer !

Bernard BERTHELOT

Secrétaire de l’A.P.G.

 

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