Double meurtre de Montigny-lès-Metz : le procès de Francis Heaulme s’ouvre aux assises

Le procès de Francis Heaulme (ici lors d’une reconstitution du double meutre de Montigny-lès-Metz en 2006) est censé mettre un terme à trente ans d’errements judiciaires.(PHOTOPQR/«LE REPUBLICAIN LORRAIN»/ANTHONY PICORE)

Le tueur en série, déjà condamné à la perpétuité, a-t-il tué Cyril et Alexandre, deux garçons de 8 ans, en 1986 à Montigny-lès-Metz ? Son procès s’ouvre ce mardi.Ce talus de voie ferréede Montigny-lès-Metz (Moselle), où Cyril Beining et Alexandre Beckrich, 8 ans, ont été massacrés à coups de pierre, le tueur en série Francis Heaulme, 58 ans, affirme qu’il n’y était pas, le 28 septembre 1986. «Je n’ai pas tué ces petits garçons», a-t-il écrit à l’une de ses correspondantes (lire ci-dessous). «J’ai dit n’importe quoi», répète-t-il à son avocate Me Liliane Glock ou à sa soeur Christine. Ce double meurtre, le «routard du crime», figure du coupable idéal, neuf fois condamné, entend le nier. Lui qui purge déjà une peine de prison à perpétuité est «déterminé à se défendre», souligne son conseil.

 

VIDEO. Double meurtre de Montigny-les-Metz : 28 ans de souffrance et de mystères


Double meurtre de Montigny-lès-Metz : 28 ans de… par leparisien

Avec Francis Heaulme pour seul accusé, revoici donc aux assises, pour la cinquième fois, ce dossier criminel hors norme. Le procès qui s’ouvre aujourd’hui et pour trois semaines devant les jurés de la Moselle est censé mettre un terme à trente ans d’errements judiciaires. Des scellés détruits, un premier «coupable», Patrick Dils, innocenté, un «troisième homme», Henri Leclaire, in fine blanchi..

Sur les bancs des parties civiles prendront place, une nouvelle fois, deux familles épuisées par ces rebondissements. Avec l’espoir d’une vérité. «Que chacun se mette à la place de cette femme de 74 ans qui pleure chaque soir, seule chez elle, la mort de son enfant… Elle sera là, digne et debout», exprime Me Dominique Boh-Petit, l’avocate de la mère de Cyril Beining.

«J’ai vu rouge», avait dit Francis Heaulme en évoquant le meurtre de Joris Viville, un petit garçon de 9 ans qu’il tue de 83 coups de tournevis, un jour de 1989, parce que l’enfant, flamand, n’a pas répondu en français à sa question. En septembre 1986, Heaulme réside chez sa grand-mère, à Vaux, à 6 km du lieu du double meurtre. Il se rend à vélo à Montigny, où il est employé comme manoeuvre dans une entreprise de couverture située à 400 m du talus où les petits corps aux crânes fracassés seront retrouvés.

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Au gendarme Jean-François Abgrall, qui l’arrête en 1992 et met au jour son parcours criminel, Heaulme a souvent raconté l’histoire de ces enfants qui lui jetaient des pierres, dans l’est de la France, le long d’une voie de chemin de fer et dont il aurait vu «les corps sur les rails». «J’ai vu rouge», dit-il là aussi. Mais à l’époque, Dils a été condamné. Le lien avec Montigny ne sera établi que des années après.

Les soupçons se tournent vers Francis Heaulme

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Le Parisien du 9 janvier 1999

Sur les bancs des parties civiles prendront place, une nouvelle fois, deux familles épuisées par ces rebondissements. Avec l’espoir d’une vérité. «Que chacun se mette à la place de cette femme de 74 ans qui pleure chaque soir, seule chez elle, la mort de son enfant… Elle sera là, digne et debout», exprime Me Dominique Boh-Petit, l’avocate de la mère de Cyril Beining.

«J’ai vu rouge», avait dit Francis Heaulme en évoquant le meurtre de Joris Viville, un petit garçon de 9 ans qu’il tue de 83 coups de tournevis, un jour de 1989, parce que l’enfant, flamand, n’a pas répondu en français à sa question. En septembre 1986, Heaulme réside chez sa grand-mère, à Vaux, à 6 km du lieu du double meurtre. Il se rend à vélo à Montigny, où il est employé comme manoeuvre dans une entreprise de couverture située à 400 m du talus où les petits corps aux crânes fracassés seront retrouvés.

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Au gendarme Jean-François Abgrall, qui l’arrête en 1992 et met au jour son parcours criminel, Heaulme a souvent raconté l’histoire de ces enfants qui lui jetaient des pierres, dans l’est de la France, le long d’une voie de chemin de fer et dont il aurait vu «les corps sur les rails». «J’ai vu rouge», dit-il là aussi. Mais à l’époque, Dils a été condamné. Le lien avec Montigny ne sera établi que des années après.

Les raisons supposées de Patrick Dils

Le Parisien du 25 janvier 1989

«Il avait une bosse sur la tête, ce qui l’a rendu fou de rage», rapporte en 2008 l’un des codétenus à qui il s’est confié. Lui «qui tue pour peu de chose», dit l’acte d’accusation, reconnaît être passé au pied du talus, avoir reçu des cailloux et avoir «vu rouge». Il admet aussi une rencontre avec des pêcheurs qui, tard, ont relaté l’avoir pris en stop avec «du sang sur le visage». Ces témoignages, et cette façon qu’a Heaulme, qui n’avoue jamais directement, de transposer des éléments d’une affaire à l’autre, pèsent à son encontre. Un «puzzle», considère Abgrall, où démêler le vrai du faux s’avère difficile. «On constate qu’il en est capable, et c’est tout», estime M e Glock, pour qui, faute de preuves, d’aveux ou de témoin direct, «la justice navigue au jugé».

 

Le Parisien du 3 octobre 2006

 

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