Douane, police et gendarmerie ensemble à la frontière franco-suisse

Trois chiens détecteurs de stupéfiant étaient également de la partie. Photo DL/C.M.

Le poste de frontière du Châtelard, entre Chamonix (France) et Martigny (Suisse), était en ébullition hier après-midi. Une vingtaine de personnels suisse et français procédait à un contrôle transfrontalier. Un dispositif assez rare pour être souligné puisque quatre corps étaient présents : les gardes-frontière suisses, la police du canton de Valais, la douane et la gendarmerie française. C’est la première fois de l’année que Suisses et Français se retrouvent tous ensemble sur ce poste. Habituellement, seules des patrouilles mixtes contrôlent la frontière.

« Marquer les esprits et dissuader »

Si l’esprit d’équipe, de collaboration transfrontalière et d’entente amicale est bien souligné par tous, les tâches sont implicitement divisées. Les gendarmes contrôlent les papiers tandis que les douaniers jettent un œil aux marchandises. Chacun sa spécialité !

L’avantage de ces contrôles mixtes est que les Suisses connaissent mieux les papiers administratifs de leurs compatriotes, et vice-versa. Les contrôles sont donc plus fluides. Deuxième avantage : en cas de grosse prise, il n’y a pas besoin de téléphoner à tel ou tel service puisque tout le monde est sur place. S’il y avait un inconvénient à signaler à un tel déploiement de personnel, selon un douanier suisse, c’est que, finalement, il n’y a pas assez de travail (entendez de trafic donc) pour occuper tout le monde…

Peu importe, « l’objectif est atteint », selon le lieutenant Tachon, commandant de la brigade de Chamonix : « Marquer les esprits et dissuader. »

Sur cet axe touristique très emprunté, les gendarmes ne s’attendent pas à de grosses prises, mais plutôt des marchandises qui n’auraient pas été déclarées au préalable et qui dépasseraient la limite autorisée, environ 2 000 euros.

Une voiture décapotable immatriculée en Lettonie est d’ailleurs arrêtée par les douaniers suisses. « Ils n’ont pas vraiment l’air de touristes », confie l’un d’eux en parlant d’un couple de sexagénaires aux allures bourgeoises. Finalement, rien à signaler, ce qui résume bien la journée de contrôle d’hier.

Soudainement, une gendarme appelle du renfort : un motard s’est arrêté à la frontière, arguant qu’il souhaite passer du côté suisse pour acheter du chocolat ! Problème : il n’a pas ses papiers. « Alors il n’y va pas ! », lance un autre gendarme français.

Puis l’ambiance redevient très calme et bon enfant. Des douaniers saluent les bus de lignes régulières, ainsi que les locaux, des visages qu’ils connaissent bien à force de fréquenter la frontière.

Tout le monde n’est pas stoppé à la douane, loin de là.

« Les contrôles se font de manière aléatoire », souligne le lieutenant Tachon. Bien qu’un policier suisse confie qu’ils ont tendance à arrêter les conducteurs de moins de 40 ans, des profils collant davantage à des trafiquants… Malgré ce contrôle au faciès implicite, les gens sont coopératifs. Très souvent, les conducteurs s’arrêtent d’eux-mêmes, hésitant devant la dizaine de douaniers. « Surtout ceux qui sont dans l’espace Schengen », s’amuse un douanier suisse. Il est vrai qu’on a un peu oublié ce qu’était un contrôle à la frontière…

Source : Le Dauphiné.com

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