Diviser pour mieux régner ?

Profession Gendarme est un site qui œuvre pour la liberté, la vérité et, surtout, pour l’intérêt véritable de la France et du peuple au nom duquel elle s’incarne.

Sa vocation ne se limite pas à proposer une relecture de l’actualité ou un point de vue alternatif — ce que les adversaires de la pluralité des opinions s’empressent trop souvent de qualifier de « complotiste« . Il est aussi un espace d’expression où certains lecteurs peuvent publier librement leurs articles, analyses et réflexions.

C’est ainsi qu’a récemment été mis en ligne un article intitulé Lettre ouverte à Richard Boutry, rédigé par M. Lionel Labosse et publié par notre président, Ronald Guillaumont.

À sa première lecture, mon ami Ronald n’avait pas perçu son caractère polémique. Pour ma part, j’y ai immédiatement ressenti une attaque implicite et je tiens à le préciser, même si ce point de vue n’engage que moi.

Nous traversons aujourd’hui une période de tensions sociales extrêmes. Plus que jamais, nous devrions resserrer nos rangs. Notre énergie doit se tourner contre les puissances qui nous écrasent, et non se dilapider dans des querelles intestines, des reproches ou des règlements de compte. Sauf à dénoncer un manipulateur, un profiteur ou un menteur avéré, réellement toxique ou dangereux, dissimulé dans nos rangs, nous n’avons aucun intérêt à nous perdre dans de stériles polémiques.

Je constate d’ailleurs que la majorité des commentaires suscités par cet article vont dans le sens de cette analyse.

Chacun de nos lecteurs est libre de penser ce qu’il veut de M. Boutry ou de Mme Natacha Rey. Mais il faut reconnaître que tous deux ont, chacun à leur manière, apporté une pierre essentielle à l’édifice commun.

Richard Boutry, par ses tribunes, offre une visibilité précieuse à des voix que l’on cherche trop souvent à étouffer. Il a pris des risques personnels considérables et choisi une existence bien moins confortable que celle qu’il aurait pu poursuivre au sein du paysage audiovisuel français.

Richard m’a, par ailleurs, toujours laissé m’exprimer, même lorsque nos avis divergeaient. Échangeant régulièrement avec lui en privé, je peux témoigner qu’il est un homme profondément bienveillant, passionné, animé d’espoir. Il donne incontestablement de l’écho à nos luttes et s’acharne à la tâche sans relâche.

Quant à Natacha Rey, que dire ? J’ai toujours admiré ceux qui vont jusqu’au bout, coûte que coûte, pour que triomphe la vérité. Elle est de cette trempe : une résistante qui accepte de perdre davantage qu’elle ne gagnera jamais, au nom de ses conceptions de la liberté et de la vérité. Elle a mis au jour un dossier qui a servi de socle — le mot est faible — à l’ouvrage sensiblement lucratif publié par Xavier Poussard, destiné au marché européen et américain, sans que son immense contribution n’ait été reconnue à sa juste valeur.

Pendant que d’autres engrangent les bénéfices, et que Candace Owen collectionne les vues sans rien révéler de réellement nouveau par rapport au travail initial de Natacha, cette dernière s’épuise à faire face au harcèlement judiciaire, tout en luttant avec acharnement contre un cancer.

Victime d’un système impitoyable, Natacha vit désormais en marge, comme beaucoup de résistants : précarité, isolement, revenus dérisoires. Croire que la vente de quelques livres permette de subsister est une illusion : aujourd’hui, bien peu de gens lisent réellement. Je sais de quoi je parle : moi aussi je suis « grillé », licencié de mon poste d’enseignant et désormais en recherche d’emploi, avec l’angoisse de voir approcher la fin de mes droits.

C’est le sort de tous ceux qui osent défier le pouvoir et se retrouvent broyés par le rouleau compresseur institutionnel. On ne mesure la violence de cette mécanique qu’en la subissant soi-même.

Au-delà du fait que Natacha affirme n’en avoir jamais touché un seul euro (cf. son droit de réponse que nous publions), que représenterait, de toute façon, cette fameuse cagnotte de 10 000 euros face à une telle réalité ?

Que pèsent 10 000 euros quand on doit assumer les frais de justice, la maladie, la survie au quotidien ? Peut-être une année un peu moins rude, et puis quoi ? Rien de plus.

Je crois que beaucoup n’imaginent pas l’écart abyssal qui sépare les vies des résistants sincères et celles de nos oppresseurs — ceux-là mêmes qui devraient concentrer toute notre attention et nos efforts.

J’ose espérer que nous ne vivons pas dans un monde assez cynique pour n’attendre que la mort de Natacha afin de l’élever au rang d’une nouvelle Claire Séverac…

François Dubois

vice-président de PG

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