Deux gendarmes cibles de coups de feu

Depuis la ferme de Clamecy où il est locataire, un quinquagénaire a tiré en direction d'un véhicule de gendarme. - gbellavoine

Depuis la ferme de Clamecy où il est locataire, un quinquagénaire a tiré en direction d’un véhicule de gendarme. – gbellavoine

Une patrouille de gendarmerie a essuyé des coups de feu, avant-hier, depuis une ferme isolée de Villabon. Après une nuit d’attente et un important déploiement de forces, un quinquagénaire alcoolisé a été interpellé hier matin.

Les yeux fatigués, les traits tirés, les gendarmes n’ont levé le camp que vers 11 heures, hier matin. Toute la nuit, une trentaine de militaires ont encerclé une ferme isolée de Villabon, au lieu-dit Clamecy, avant que son locataire, Alain Leray, ne se rende vers 9 heures du matin.

Douze heures plus tôt, alors qu’une patrouille de gendarmerie était postée sur le chemin menant à son habitation, il est reproché à ce quinquagénaire d’avoir tiré trois balles de type brenneke avec son fusil de chasse. À plus de 200 mètres de distance, un des projectiles s’est logé dans le rétroviseur de la camionnette. Sans savoir d’où venaient les tirs, les deux femmes militaires qui se trouvaient à l’intérieur du véhicule endommagé ont fait marche arrière et attendu les renforts.

L’histoire commence samedi, vers 20?h?30, dans cette même ferme. Alain Leray, un homme né en 1954, appelle le centre opérationnel d’incendie et de secours. Il est alcoolisé, a eu une altercation avec un ami de beuverie – un coup de poing a été donné – et il compte maintenant régler ses comptes à l’aide de son fusil. Inquiets, les pompiers communiquent immédiatement aux gendarmes le numéro du portable qui les a appelés. Les militaires le rappellent. Alain Leray leur dit cette fois qu’il va traverser un champ et rattraper son ami, toujours un fusil dans les mains.

Les deux femmes de la communauté de brigades de Baugy sont les premières à arriver sur les lieux. Elles se font tirer dessus, alors qu’elles attendent l’arrivée d’hommes du peloton de surveillance et intervention de la gendarmerie (Psig) d’Avord.

« On n’était pas sûr qu’il était chez lui »

Après les coups de feu, les renforts deviennent beaucoup plus importants. Une trentaine d’hommes, du groupement de gendarmerie du Cher et du peloton spécialisé de protection de la gendarmerie de Dampierre-en-Burly (Loiret). Un quartier général est improvisée dans l’école de la commune et deux négociateurs du Loiret et de l’Eure-et-Loir font le déplacement.

Un hélicoptère de Tours survole aussi les lieux. « Jusqu’à 2 heures du matin, quand il a ouvert une lumière, on n’était pas sûrs que cet homme se trouvait bien chez lui. Grâce à la géolocalisation de son téléphone portable, on savait juste qu’il ne bougeait pas », affirme le lieutenant-colonel Emmanuel Triboulloy, du groupement de gendarmerie du Cher.

Consigne est donnée de ne pas rappeler l’homme. Pour ne pas l’énerver davantage. En lien téléphonique avec le GIGN*, les négociateurs décident d’attendre le matin pour intervenir, pour que l’homme dessaoule. « Les deux négociateurs ont mis à profit la nuit en recueillant des informations sur cet homme, notamment en questionnant le maire de la commune, l’ami avec qui il a eu une altercation et une autre personne », raconte Emmanuel Triboulloy.

Des faux pompiers

Au petit matin, le contact est renoué entre les deux parties. Il est décidé que des hommes du Psig se déguisent en pompiers pour aller à sa rencontre. Vers 9 heures, le quinquagénaire se rend à eux sans créer de problème. Il est placé en garde à vue dans les locaux de la communauté de brigade de Baugy. C’est la brigade de recherche de gendarmerie qui s’occupe de l’enquête.

Guillaume Bellavoine

(*) Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale.

Source : Le Berry.fr

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