Des policiers soumis à rude épreuve

Des policiers (et des gendarmes) soumis à rude épreuve

Visite de Manuel Valls aux forces de l'ordre avant la Manif pour tous le 21 avril à Paris.

Avec les manifestations et les mouvements sociaux, l’effectif de la police sera difficile à gérer en mai pour le ministère de l’Intérieur.

Les forces mobiles pourront-elles digérer le flux des mouvements sociaux et des contestations en tout genre qui émergent un peu partout en France? Les différents défilés du 1er au 26 mai s’annoncent tendus. Ils s’inscrivent dans une séquence déjà lourde pour les CRS et les gendarmes mobiles: les multiples opérations de la Manif pour tous, qui mobilisent régulièrement des milliers d’effectifs de sécurité depuis le 17 novembre dernier et connaîtront leur point d’orgue le 26 mai prochain, mais aussi la fronde ininterrompue des entreprises sous le coup d’un plan de licenciements, comme Goodyear, PSA, ArcelorMittal, Sanofi, Candia, sans parler du distributeur de presse Presstalis ou des membres du collectif Licenci’elles, qui fédère des employées des 3 Suisses.

Les CRS, les compagnies de sécurisation de la Préfecture de police et les gendarmes mobiles rassemblent plus de 30.000 hommes, dont 25.000 environ sont mobilisables à l’instant immédiatement. «Pour l’heure, nous tenons le rythme», assure un commandant de CRS. Des congés ont dû être ajournés, mais les indemnités de déplacement, «qui huilent la mécanique», selon lui, sont payées. Ce qui serait «un peu plus difficile du côté de la gendarmerie mobile, en proie à des difficultés budgétaires», confie un député du Sud-Est saisi de cette question.

Élu régional UMP de Seine-Saint-Denis et ancien syndicaliste policier, Bruno Beschizza le dit: «L’argent n’étant pas suffisamment provisionné, si les manifs continuent à ce rythme le système de déplacement de la mobile va connaître une sérieuse panne budgétaire.» Or ces policiers du maintien de l’ordre, syndiqués à plus de 90 %, sont très sourcilleux sur les garanties financières liées à l’exercice de leurs missions souvent ingrates.

Autre sujet délicat pour le ministère de l’Intérieur: les unités affectées aux manifestations sont autant d’effectifs en moins pour concourir aux plans de sécurisation des banlieues. Déserter un peu trop le terrain dans les cités peut avoir un impact négatif direct sur la délinquance du quotidien. Gérer Beauvau est pour Manuel Valls un exercice d’équilibre permanent.

Sources : Le Figaro

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