Des militants CGT à la gendarmerie, au Havre

Alors que leurs secrétaires généraux étaient convoqués à la gendarmerie – “une première -, les militants cégétistes ont rappelé leur détermination à lutter contre l’ANI sur la CCI.

Les militants CGT mais aussi d'autres organisations syndicales se sont réuni en soutien aux secrétaires des unions locales entendus à la gendarmerie du Havre.

Les militants CGT, mais aussi d’autres organisations syndicales étaient rassemblés en soutien aux secrétaires des unions locales entendus à la gendarmerie du Havre.

Mercredi 5 juin 2013, les quatre secrétaires généraux des unions locales de Lillebonne-Tancarville, Fécamp et Le Havre étaient convoqués à la gendarmerie du Havre, en réaction aux actions menées sur le pont de Normandie, le 24 janvier 2013, à l’occasion des manifestations contre l’ANI (Accord national interprofessionnel).

 

« Une première dans l’histoire syndicale du Havre et des environs », lâche, surpris, le secrétaire de l’union locale du Havre, Reynald Kubecki.

 

Trouble dans un espace public

 

C’est pour cette raison particulière qu’à 14h, un rassemblement de soutien réunissant plusieurs organisations syndicales était organisé devant les portes de la gendarmerie du Havre, boulevard de Strasbourg, où, dans l’attente de la sortie du responsable de l’union locale de Lillebonne, le co-secrétaire général du Havre qui avait été entendu le matin-même à 11h, rappelait les faits.

 

« Ce qui nous est reproché est d’avoir semer le trouble sur un espace public. Notamment parce qu’une barrière de péage a été relevée par l’un des militants et que le moteur en a été cassé, occasionnant le passage gratuit des véhicules. Mais cet acte ne relève pas d’une décision collégiale de notre mouvement ; il est le geste d’un seul homme. Mais, quand bien même, de mémoire de Dockers (NDLR : branche d’activité qui réunit une large proportion de militants CGT), jamais une plainte comme celle déposée contre nous, n’a donnée lieu à convocation. C’est une première. Nous pouvons être fiers d’innover », ironise ce dernier.

 

Le remboursement des réparations : 3 000 euros. « L’Union départementale 76 pourra la payer », plaisantait le militant, saluant, au passage, la présence du secrétaire de cette union départementale, Régis Gasse.

 

Ils s’en prennent à la façade de la CCI du Havre

 

À l’origine de la plainte, la CCI (Chambre de commerce et d’industrie), gestionnaire du Pont de Normandie.

 

« La seule personne à blâmer, c’est le président de cette CCI, Vianney de Chalus, récemment devenu aussi président du conseil de surveillance du Grand Port Maritime, qui revendique cette forme de pression à exercer sur les syndicats. Il a tout intérêt à stopper son action s’il ne veut pas d’ennuis sur le port et dans l’agglomération du Havre », menaçait finalement le syndicaliste du Havre.

 

« Cette convocation n’est pas anodine. Mais nous tenons à prévenir tout un chacun que nous restons mobilisés, que nous ne lâcherons rien. »
Reynald Kubecki s’inquiète cependant du sort qui sera réservé au militant qui a relevé la barrière de péage au Pont de Normandie. « Il a été identifié, puis convoqué. Et il a avoué. Pénalement, j’ai des craintes sur le sort qui lui sera fait.»
Le leader syndicaliste ne pouvait s’empêcher de penser, également, que cette invitation à venir à la gendarmerie pouvait être liée aussi à la perturbation des voeux du président du Département, Didier Marie, ce même 24 janvier : les cégétistes avaient conclu leur manifestation par un rassemblement au gymnase de l’Université, perturbant la cérémonie où le conseiller général avait réuni près de 200 invités.

Dans l’attente d’une poursuite ?

 

Les militants, armés de colles et balais, ont placardé les messages essentiels à leurs yeux, aujourd'hui

Les militants, armés de colle et balais, ont placardé les messages essentiels à leurs yeux, aujourd’hui

 

À l’issue des audiences à la gendarmerie, les militants se rendaient à pied, en cortège, jusqu’à la CCI, où ils placardaient la façade de slogans : « L’action syndicale n’est pas un délit », « Oui à l’amnistie sociale ».
Les syndicalistes sont désormais dans l’attente de la décision de justice. Le procureur poursuivra-t-il ou non les unions locales pour la plainte déposée ? La réponse peut tomber très vite, comme jamais.
« Ce sont des dossiers qui peuvent rester coincés des années sur des bureaux », pointe le secrétaire de l’union locale du Havre.  Il est murmuré aussi que le syndicat CGT des Dockers se serait rapproché du nouveau président du Conseil de Surveillance du port autonome, pour que soit rapidement close cette affaire…

Source : 76 Actu

 

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