Délinquance : les propos chocs du numéro 3 de la gendarmerie nuancés

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Le Figaro rapporte les  états d’âmes de Madame Dominique Moyal, procureure de la République d’Aix-en-Provence à la suite des propos du Général Soubelet lors de son audition du 18 décembre 2013 devant l’Assemblée Nationale.

Non seulement Madame Dominique Moyal n’apporte aucun élément contradictoire aux chiffres cités par le Général mais avoue qu’elle n’est «pas en mesure de donner de tels chiffres, n’ayant pas les instruments statistiques pour le faire » et ajoute  «asséner ce genre de chiffre ne me semble pas sérieux ».

D’autre part la magistrate se justifie en précisant que  «Les prisons n’ont jamais été aussi pleines. Il y a aujourd’hui 1000 prisonniers à Luynes pour 630 places»  reconnaissant ainsi les carences du Ministère de la Justice.

Profession gendarme veux bien admettre que la Magistrature soit mal à l’aise devant les déclarations du Général, mais au vu des réponses de Madame la Procureure nous n’aurons   qu’une seule question à poser :

– «qui est sérieux  au vu des déclarations de cette dernière ?»

D’autre part, nous déplorons que  le Figaro  trouve matière à publier les états d’âmes de cette Magistrate, alors que ce journal est bien silencieux au vu des six derniers suicides ayant eu lieu au sein de la Gendarmerie au cours de ce seul mois de Décembre 2013.

Les états d’âme de l’ensemble des militaires de la Gendarmerie (et de l’ensemble de nos concitoyens) semblent être bien peu de chose au vu des états d’âme d’une Magistrate…

Il appartient à chacun de se faire son propre jugement et sa propre opinion.

L’article du Figaro :

INTERVIEW – Dominique Moyal, procureure de la République d’Aix-en-Provence, a réagi aux propos du général de gendarmerie Bertrand Soubelet, qui a affirmé le 18 décembre dernier devant des députés que 65% des cambrioleurs interpellés dans les Bouches-du-Rhône en novembre 2013 «sont à nouveau dans la nature».

Dominique Moyal, procureure de la République d’Aix-en-Provence, a réagi aux propos du général Bertrand Soubelet, numéro 3 de la gendarmerie, qui entendu le 18 décembre dernier par la commission parlementaire de «lutte contre l’insécurité» a révélé que 65% des cambrioleurs interpellés dans les Bouches-du-Rhône en novembre 2013 «sont à nouveau dans la nature». Un chiffre tiré d’une synthèse datée du jour même de l’audition et reprenant les conclusions de commandants de groupements de gendarmerie départementale. «Quand vous lâchez 65% de ceux qui se sont rendus coupables d’un certain nombre d’exactions, comment voulez-vous que les chiffres baissent?, s’interroge le général Soubelet, c’est tout à fait impossible. Vous pouvez multiplier par deux les effectifs de gendarmes dans les Bouches-du-Rhône, cela ne changerait rien. La réalité, c’est celle-là, je pense que c’est mon devoir de vous le dire, de manière peut-être un peu crue.»

LE FIGARO – Que pensez-vous de la déclaration du général Soubelet, selon lequel 65% des cambrioleurs interpellés dans les Bouches-du-Rhône en novembre 2013 sont à nouveau dans la nature?

Dominique Moyal – Nous ne sommes pas en mesure de donner de tels chiffres, n’ayant pas les instruments statistiques pour le faire, mais asséner ce genre de chiffre ne me semble pas sérieux.

Selon nos informations, il y aurait eu au mois de novembre 2013 28 auteurs de cambriolages arrêtés dans la zone gendarmerie des Bouches-du-Rhône et 18 remis en liberté…

C’est un raccourci, un raisonnement spécieux! Nous avons au parquet d’Aix-en-Provence, le principal parquet de la zone gendarmerie des Bouches-du-Rhône, une politique pénale extrêmement ferme. Nous apportons plus de 90% de réponse pénale aux actes de délinquance. Les prisons n’ont jamais été aussi pleines. Il y a aujourd’hui 1000 prisonniers à Luynes pour 630 places. En outre, la lutte contre les cambriolages est notre priorité numéro un. Nous avons même fait des actions ciblées dans certains secteurs et réussi à interpeller des cambrioleurs récidivistes qui sont toujours sous les verrous.

N’y a-t-il pas eu une augmentation des cambriolages en fin d’année?

Oui, effectivement, nous avons connu, après un été assez calme, un pic en septembre, octobre et novembre. Mais à partir du moment où une affaire est élucidée, les auteurs, majoritairement des récidivistes, sont le plus souvent déférés parfois même en comparution immédiate. C’est une priorité.

Source : Le Figaro

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