Décolle et vole, adaptation libre du Lève-toi et marche de la Bible.

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La ministre des Armées, madame Florence Parly, après avoir sommé, en septembre dernier, les autorités responsables de faire voler les hélicoptères, réitère ses injonctions, en décembre, en y ajoutant les avions de combat. Elle se place ainsi dans les pas de celui qui, selon Saint Marc, ordonna, à Capharnaüm, à un paralytique de se lever et de marcher sans oublier, en passant, de lui pardonner ses péchés ce que la ministre ne semble pas disposée à faire vis-à-vis de la direction générale de l’Armement (DGA).

Cela dit, la question du taux de disponibilité de nos aéronefs, avions et hélicoptères, est une affaire sérieuse et notre ministre est en droit de s’interroger sur le fait que, alors que les crédits consacrés à la maintenance des appareils augmentent, cette dernière se dégrade.

Mais il faudrait alors lui expliquer que cette apparente contradiction n’est pas une  incongruité car elle est le résultat de la combinaison de trois paramètres.

Le premier est le coût unitaire des matériels concernés car celui-ci reflète la sophistication des technologies qui le composent et le coût de leur maintien en condition leur est corrélé. Ainsi, il coûte beaucoup plus cher, aujourd’hui, d’entretenir un Rafale qu’un Spitfire en 1940 car le Rafale coûte, en Livres ou Euros constants, 153 Spitfire (coût du Rafale : 101 millions € ; coût du Spitfire : 12 604 £ de 1939, soit 579 250 £ d’aujourd’hui, soit encore 655 942 €). Ce rapport de coûts se retrouve peu ou prou pour chaque pièce ou organe à remplacer.

Le deuxième paramètre à prendre en compte est, bien évidemment, le taux d’emploi des appareils concernés. Si, hypothèse d’école, tel organe essentiel et coûteux de tel avion ou tel hélicoptère doit être remplacé toutes les 60 heures de vol et que ces 60 heures sont effectuées dans un laps de temps deux fois plus court aujourd’hui qu’hier, alors, ipso facto, le coût de maintenance de l’aéronef en question est multiplié par deux. Il faut donc rappeler à la ministre que les taux d’utilisation des appareils sont de plus en plus élevés. Corollaire : moins il y a d’appareils disponibles, plus vite ceux-ci doivent être entretenus et leur maintien en condition devient de plus en plus coûteux.

Enfin, un troisième paramètre entre dans l’équation : c’est le nombre d’unités constituant le parc d’un matériel donné. Si 20 appareils d’un type donné sur 100 existants  sont indisponibles consécutivement à la prise en compte des deux premiers paramètres, le taux de disponibilité de la famille est de 80%. Si ces mêmes 20 appareils sont indisponibles pour les mêmes raisons mais sur un parc de 50 unités,  car rien  ne peut faire qu’un parc étant plus limité, le nombre d’appareils non en état de servir soit différent, alors le taux de disponibilité n’est plus que de 60%.

Lors de la mise en service du Rafale, un officier de haut rang de l’armée de l’Air, s’appuyant sur les coûts comparés de ce nouvel avion et du Spitfire comme nous l’avons fait supra, démontrait qu’en prolongeant la courbe, l’armée de l’Air ne disposerait  plus, un jour, que d’un seul avion et que lorsque cet avion serait indisponible, la disponibilité du parc serait de 0%.

Les faits sont têtus et les mathématiques parfois cruelles. Ainsi, il faut dire à notre ministre que pour régler son problème qui est surtout celui des soldats engagés en opération extérieure, elle peut certes « resserrer un peu les boulons » à la DGA, mais surtout, pour faire voler avions et hélicoptères elle doit : en augmenter le nombre, réduire leur taux exorbitant et insoutenable d’utilisation et enfin, consacrer encore plus d’argent à leur maintien en condition.

La RÉDACTION de l’ASAF

Source : www.asafrance.fr

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