De la prison ferme pour avoir foncé délibérément sur les gendarmes

Les militaires du peloton motorisé de la gendarmerie de Toulouse ont été contraints à utiliser leurs armes./ DDM, archives.
Les militaires du peloton motorisé de la gendarmerie de Toulouse ont été contraints à utiliser leurs armes./ DDM, archives.
 

«J’ai du mal à entendre que c’était de la panique. Il nous a percutés trois fois. On a tous eu peur. Après ça, on prend conscience que peut-être un soir on ne rentrera pas chez nous» déclare à la barre un gendarme.

Dimanche 22 octobre, en fin d’après-midi dans le secteur de l’Union, le peloton motorisé de Toulouse a décidé de contrôler un véhicule dont le passager n’avait pas sa ceinture. Alors qu’ils avaient allumé les avertisseurs sonores et lumineux, l’automobile a accéléré. Arrivé à un rond-point, il a fait un tête-à-queue, s’est immobilisé puis est reparti en percutant le véhicule de gendarmerie. «Il roulait à pleine puissance. Un instant je me suis demandé si ça valait le coup de continuer, car il mettait en danger la vie des autres usagers de la route» explique le militaire.

Par la suite, alors que chauffard était bloqué dans une impasse, il a tenté à deux reprises de percuter le véhicule des forces de l’ordre. Les militaires du PMO ont été contraints de faire usage de leur arme de service et de tirer dans un pneu pour immobiliser le véhicule. Le conducteur a pris la fuite avant d’être rapidement interpellé. Le passager, quant à lui, très agité, a été mis en joue avant d’être maîtrisé. «Les insultes fusaient» ajoute le motard de la gendarmerie. À l’audience de comparution immédiate présidée par Jérôme Glavany, le conducteur de 33 ans est peu bavard. Il explique «J’ai paniqué. Je ne me rendais pas compte. J’étais soûl». L’avocate des parties civiles, Me Cyrielle Antich, s’exaspère : «Toujours les mêmes excuses : j’ai eu peur, j’ai paniqué, j’avais bu… C’est insupportable. De la peur, ce jour-là il y en a eu, elle a assailli les gendarmes». Pour le procureur, Emmanuelle Yver, «La gravité des faits n’est plus à démontrer. Les gendarmes ne sortent pas leur arme lors de toutes leurs interventions». Elle requiert, contre le conducteur (5 mentions au casier) 2 ans de prison avec maintien en détention et une amende de 100 €. Contre le passager (20 mentions au casier), 4 mois de prison et la révocation de 6 mois sursis. En défense, pour le passager, Me Vanessa Garrigue contre-attaque : «Tout le monde a eu peur, y compris mon client qui a subi le choix du conducteur de ne pas s’arrêter et sur qui une arme a été pointée !». Me Séverine Bouchaib, l’avocate du conducteur, explique quant à elle : «Mon client est confronté pour la première fois à la violence des comparutions immédiates. Il est terrifié. Il a honte. Seul la panique peut expliquer son comportement». Le tribunal a condamné le passager à 4 mois de prison et a révoqué son sursis de 6 mois, il retourne néanmoins en détention pour une précédente peine mise à exécution. Le conducteur a écopé de 2 ans de prison dont 1 an sursis mise à l’épreuve pendant 18 mois avec obligation de soins, de travailler, d’indemniser la victime et maintien en détention, ainsi que d’une amende de 100 €. Les prévenus devront, en outre, indemniser les gendarmes.

M . M.

Source : La Dépêche

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