Comment la Gendarmerie a tiré les leçons de l’affaire Benalla

réserve-1-27-août--660x330Des réservistes de la gendarmerie des Alpes Maritimes à l’entraînement au tir en août 2016. (Photo D.C L’Essor)

Avec la création de deux commissions chargées de surveiller les recrutements des réservistes spécialistes et citoyens, la Gendarmerie a bien tiré les leçons du rapport sénatorial sur l’affaire Alexandre Benalla.

Alexandre Benalla devant les sénateurs (capture d’écran)

Il y a un peu plus d’an, les sénateurs avaient publié le résultat de leurs travaux lancés après la disgrâce de l’ancien chargé de mission de l’Elysée. Leur neuvième proposition appelait à  renforcer la sélection des réservistes spécialistes de la réserve opérationnelle. Une préconisation que l’on retrouvait également dans un rapport de la Cour des comptes. Elle suggérait cette possibilité dans un rapport sur les réserves opérationnelles de la Police et de la Gendarmerie nationales. Que demandaient alors les magistrats de la rue Cambon? La mise en place d’une procédure garantissant la compétence du réserviste et le niveau approprié du grade conféré.

Lire aussi: Rapport Benalla : des conclusions qui épinglent la Gendarmerie (actualisé)

Après l’affaire Benalla, des recrutements sans suite

Un message entendu par les gendarmes. Selon nos informations, ils ont bien mis en place, dès le printemps dernier, deux nouvelles commissions chargées de contrôler les recrutements dans la réserve. Si les gendarmes n’ont pas perdu de temps, c’est parce que les préconisations des sénateurs avaient été bien anticipées. La première commission s’intéresse aux recrutements de la réserve opérationnelle de spécialistes, dont a fait partie Alexandre Benalla. Cette réserve est forte d’une centaine de membres. De son côté, la deuxième commission scrute les recrutements dans la réserve citoyenne de défense et de sécurité. Une réserve dont, contrairement à ce qui a pu être écrit, Alexandre Benalla n’a jamais fait partie. La réserve citoyenne de la Gendarmerie est forte d’environ 1.250 personnes, bénévoles et aux grades uniquement honorifiques.

“Ces deux nouvelles commissions jouent un rôle de deuxième filtre. Elles permettent au commandement des réserves de répondre aux attentes des sénateurs, de la Cour des comptes et de l’inspection commune de la Gendarmerie, de la Police nationale et de l’Inspection générale de l’administration”, explique un haut gradé. Les deux commissions se réuniraient environ une fois par mois et ne devraient pas faire de la figuration. Elles n’ont d’ores et déjà pas donné suite certains recrutements de réservistes spécialistes envisagés. La raison? La compétence visée aurait déjà été disponible en interne dans l’Arme.

Si Alexandre Benalla n’était pas en mission de réserve le jour où il est intervenu physiquement contre un manifestant, le 1er mai 2018, son statut avait fait polémique. L’ancien brigadier dans la réserve opérationnelle était devenu, à seulement 26 ans, lieutenant-colonel dans la réserve opérationnelle des spécialistes avant d’en être suspendu après la révélation de son intervention musclée dans les rues de Paris.

Source : L’Essor.org

 

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