Colonel Polaillon. L’adieu aux armes du patron

Après 36 ans de bons et loyaux services, le colonel Polaillon a tiré sa révérence devant de nombreuses personnalités civiles et militaires.
Après 36 ans de bons et loyaux services, le colonel Polaillon a tiré sa révérence devant de nombreuses personnalités civiles et militaires.

Propos recueillis par Gwendal Hameury En trois ans à la tête de l’école de gendarmerie de Ty-Vougeret, il a vu passer 28 promotions de sous-officiers. Soit plus de 3.000 élèves. Hier, le colonel Éric Polaillon, promu général de brigade deuxième section, a fait ses adieux aux armes.

Vous avez passé trois ans à la tête de l’école. Quels souvenirs garderez-vous de cette expérience ?
« Qu’elles ont été intenses. Et que si certains ont pu penser que j’étais ici en préretraite, il n’en a rien été. Je n’ai pas vu le temps filer. J’ai toujours eu la chance, dans ma carrière, d’avoir des affectations dans lesquelles je me suis énormément plu. Que ce soit en tant que lieutenant ou capitaine dans les unités d’intervention, mais aussi en responsabilité territoriale, en tant que jeune commandant et comme colonel, notamment à la tête des unités de gendarmerie du Cher. J’ai aussi pris beaucoup de plaisir, en administration centrale, à faire évoluer la doctrine de la maison. C’était plaisant d’apporter sa pierre à l’édifice. Mais je pense que ces trois dernières années à l’école de Ty Vougeret sont peut-être les plus belles de ma carrière. Dans la mission de former des jeunes qui ont une vraie vocation, une vraie envie de servir leur pays. J’ai aussi été entouré d’une équipe de cadres compétents dans leurs domaines d’action respectifs. Compétents et attachants.

Il y a eu aussi ce défilé à Paris, sur les  Champs-Élysées, le 14 juillet 2016…

Bien sûr, quel souvenir ! C’était mon troisième défilé du 14-Juillet sur les Champs. Mais le premier tout seul, en tête d’une troupe. L’émotion était très forte, aussi bien pour les élèves et les cadres que pour moi. Châteaulin représentait toutes les écoles de sous-officiers de gendarmerie du pays : un honneur. Sur le plan strictement professionnel, je suis fier d’avoir réussi à ancrer davantage cette école sur le beau territoire où elle est implantée, à la faire connaître, à expliquer ce qu’on y fait. J’ai aussi, avec d’autres, convaincu l’admnistration centrale de modifier le code de procédure pénale pour que les élèves aient d’entrée de jeu, durant leur stage terrain, la prérogative d’officier de police judiciaire. Ce n’était pas le cas avant. Et c’était incongru dans la mesure où, dans le même temps, on souhaitait augmenter la durée de ce stage.

Former la relève n’a pas chose aisée. Ça l’est d’autant moins quand l’État vous demande d’accélérer la cadence…
« Effectivement, après la série d’attentats perpétrés sur le territoire national, j’ai connu une école en accélération constante de ses capacités de formation puisque le gouvernement a accordé à la gendarmerie des augmentations d’effectifs. Il a fallu recruter et former davantage. Avec ses homologues de Montluçon, Chaumont, Tulle et maintenant Dijon, l’école de Châteaulin a été au rendez-vous. Nous formions habituellement huit promotions chaque année. L’an passé, elles étaient onze (1.250 élèves) et nous serons au même chiffre cette année. Ça représente une augmentation de plus de 50 % de la capacité à former de nouvaux sous-officiers dans nos unités. Pour y parvenir, nous avons dû raccourcir un peu le temps de présence à l’école et augmenter le module d’enseignement à distance que les élèves doivent impérativement suivre avant l’incorporation ou après la formation. Nous avons aussi considérablement réduit le délai entre le départ d’une promotion et l’arrivée de la suivante. Ce qui a mis l’école, les cadres et leur chef sous haute tension durant trois ans. Quand je suis arrivé, la 54e promotion quittait l’école; hier, j’ai vu partir la 82e (lire ci-dessous). 28 promos formées en l’espace de 36 mois, c’est un record à battre !

Que va faire le général que vous devenez demain de sa retraite ?
Se retirer dans le Sud-Finistère, en baie de la Forêt-Fouesnant, pour profiter des miens, de ma famille, ce que je n’ai pas assez fait pendant ma carrière. Je vais aussi certainement faire de la navigation à voile. Et me rapprocher de quelques associations qui m’ont déjà sollicité.

* À compter de la semaine prochaine, l’école sera commandée par le colonel Frédéric Saulnier, sorti de Saint-Cyr en 1988 et passé par l’École de Guerre

2017-07-29 OF(1)
Source : Ouest-France

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