Citoyens trop vigilants pour gendarmes trop occupés

Un habitant d’Holnon pensait éviter un cambriolage en prévenant la gendarmerie, parce qu’un homme suspect rôdait. Personne ne s’est déplacé à temps. La victime raconte.

Le cambriolage s'est déroulé dans la matinée du 1 er juin, à Holnon, bien qu'une alerte ait été envoyée à la gendarmerie.

C’est un sujet qui ne manquera pas d’être commenté. Lancé en début d’année à Holnon, commune pionnière dans l’Aisne, le dispositif des citoyens vigilants séduit de plus en plus d’élus. Dans le Saint-Quentinois, après Fayet, Léhaucourt devrait être le prochain village à parapher le contrat avec la gendarmerie. Le concept est simplissime : des riverains jouent le rôle de vigie dans leur quartier et préviennent les militaires en cas de comportement suspect.

Le samedi 1 er juin, Jean-Claude Debove, résidant de la rue de Picardie, à Holnon, qui mène vers la zone d’activités, a été victime d’un cambriolage à son domicile. Le premier de sa vie, un coup dur comme toutes les victimes, surtout lorsqu’on a porté l’uniforme de la police nationale toute sa carrière. Mais ce qui est encore plus troublant, ce sont les circonstances dans lesquelles se serait déroulé le cambriolage de sa maison.

Pas rancunier envers les gendarmes

En début de matinée, le policier retraité quitte sa maison. « Mon voisin devait emmener son fils à Reims, rapporte-t-il. Il a vu une voiture avec un homme au comportement suspect. » L’homme est seul au volant, stationné non loin de la pharmacie, dans la mire du voisin prudent. Lequel voisin s’est donc rendu à la mairie aussitôt, pour signaler la présence d’un inconnu dont la voiture est immatriculée dans le Nord. « Le secrétaire de mairie a appelé une première fois les gendarmes. Ils ne pouvaient pas se déplacer parce qu’ils avaient beaucoup de gardes à vue ce jour-là », poursuit Jean-Claude Debove. Lorsqu’il revient chez lui, le voisin s’aperçoit que la voiture a changé de place. Elle se trouve sur une place de parking de la zone d’activités. Il relève la plaque d’immatriculation et retourne une seconde fois en mairie. La gendarmerie leur fait savoir que le véhicule n’a pas été signalé volé. Traduction : il n’y a pas eu lieu de s’alarmer.

À midi, lorsque Jean-Claude Debove est rentré chez lui, sa maison était ouverte aux quatre vents. « Ils sont passés par l’une des fenêtres arrière, au rez-de-chaussée. Ils ont volé des bijoux, un ordinateur, mon double de clés de voiture et dégradé les chambres à coucher », assure le policier. » Le préjudice se chiffre à plusieurs milliers d’euros. « J’ai appelé le 17 et un lieutenant du boulevard Gambetta s’est dépêché tout de suite », reprend-il. Il s’agit bien du lieutenant Fayeulle, chef de la brigade territoriale de Saint-Quentin. Déplacement que confirme son supérieur hiérarchique, le capitaine Boutin (lire ci-contre). Mais déplacement qui serait intervenu pour venir constater les dégâts matériels. Selon Jean-Marc Lemaire, le maire, « les gendarmes sont venus aussitôt ». Après le cambriolage, ce que confirme le fils du voisin.

Ensuite la procédure s’est enclenchée avec des relevés techniques opérés par « deux femmes gendarmes » de la brigade de Vermand. Les voisins ont été auditionnés, tout comme Jean-Claude Debove, qui ne jette pas la pierre à ses collègues militaires. « Je ne leur en veux pas, ils font ce qu’ils peuvent », souligne-t-il. Le préfet de l’Aisne voulait que les citoyens vigilants soient « les yeux et les oreilles » des gendarmes. Les yeux et les oreilles, cette fois, n’ont pas suffi.

Source : Courrier Picard

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *