Ces sœurs sont policières, pompières et jumelles !

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Christelle et Stéphanie, 32 ans, sont sœurs jumelles. Depuis leur naissance à Quimper, dans le Finistère, elles suivent exactement le même parcours. Cette année, Stéphanie rejoint la gendarmerie pour devenir maître-chien.

Elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Petites, blondes, cheveux longs attachés. Dans le bureau du commissariat de Quimper (Finistère), où elles ont accepté la rencontre, deux ans après la première prise de contact, elles ont heureusement eu la bonne idée de ne pas s’habiller tout à fait de la même façon. Elles sont en tenue de travail, leur uniforme de policière. Mais Christelle a un pull bleu marine, Stéphanie un polo ciel. Deux couleurs qui représentent à merveille leur Finistère.

Qui a dit que les jumelles et jumeaux faisaient tout à l’identique ? Ces deux femmes de 32 ans ne le contrediront pas. Depuis toujours, elles avancent sur la même route. Une question, elles répondent de concert. Aucune voie n’était pourtant tracée à leurs pieds pour rejoindre les forces de l’ordre. « On a des cousins éloignés dans la police et la gendarmerie, mais c’est tout », lâche Stéphanie.

Vies professionnelles parallèles

Même collège. Même lycée. Elles ont commencé leurs vies professionnelles comme agentes de sécurité dans des entreprises privées. En particulier la nuit. Déjà, Stéphanie avait une appétence pour la spécialité de maître-chien. Elle se forme pendant plusieurs mois et pratique pendant cinq ans. Comme Christelle, elle surveille des entreprises, des bâtiments. Les deux sœurs travaillent dans des manifestations d’envergure, comme les Vieilles Charrues à Carhaix.

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Les jumelles Christelle (pull bleu marine) et Stéphanie (en bleu ciel) ont toutes les deux été agentes de sécurité à Quimper (Finistère), où elles sont devenues policières au commissariat et pompières volontaires au centre de secours. (Photo : Yves-Marie Quémener/Ouest-France)

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« La police n’était pas une vocation. C’est venu petit à petit », explique Christelle. Elles rejoignent les 140 fonctionnaires du commissariat de Quimper, il y a quatre ans et demi comme adjointes de sécurité. « C’est la porte d’entrée dans la police nationale », explique l’ancien commissaire Laurent Hurst, parti fin mars.

Un contrat de trois ans, renouvelable une fois. Six années maximum pour préparer les concours. C’est ce qu’ont fait les jumelles. Christelle n’a pas obtenu celui de la police cette année. Stéphanie en a décroché deux : police et gendarmerie. Mais elle a choisi l’armée pour multiplier ses chances de réaliser son rêve : devenir maître-chien.

« Imprévu »

En attendant, elle travaille de jour à Quimper. Alterne entre le groupe de sécurité et de proximité, et la brigade VTT. Elle avait passé auparavant neuf mois en brigade de jour au commissariat de Concarneau, la troisième ville du Finistère, à une vingtaine de minutes de voie express de la préfecture. Christelle, elle, bosse de nuit. En brigade ou au sein de Police secours. Son rythme ? « 22-32 » : deux nuits travaillées, deux de repos, trois nuits travaillées, deux de repos. « En sécu privée, je ne faisais que les nuits. C’est un rythme que je connais et que j’apprécie. »

Les sœurs jumelles, nées sous le signe du Sagittaire, se croisent au boulot mais ont choisi la même profession car elles aiment « l’imprévu ». « On ne fait pas que de la répression, précise Christelle. Il y a du dialogue aussi. On rencontre pas mal de gens de tous les niveaux sociaux. C’est un métier qui permet de voir le cadre de la société dans laquelle on vit. »

Comme à l’accoutumée, Stéphanie s’accorde : « Quand on commence notre service, on ne sait pas ce qui va nous arriver : un conflit familial, une assistance de personne qui ne va pas bien On fait de l’initiative, on répond aux appels du 17 quand la brigade est prise sur autre chose. » Les deux à la fois : « C’est varié ! »

Engagement

« On les connaissait déjà quand elles travaillaient en sécu, explique le commandant Ronan Louarn, leur supérieur hiérarchique. Ce sont deux policières engagées. » Engagées, elles le sont aussi comme pompières volontaires au centre de secours de Quimper, qu’elles ont rejoint fin 2015.

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(Photo : Yves-Marie Quémener/Ouest-France)

« C’est une envie née en faisant de la sécu, explique Christelle. Pour aider les gens qui en ont le plus besoin. » Cette fonction leur sert parfois au quotidien sur les accidents, les malaises sur la voie publique « en plus de la formation aux secours qu’on a en interne dans la police » ajoute Stéphanie, qui voulait « s’ouvrir aux autres ».

Pour se consacrer entièrement à son école de gendarmerie qu’elle rejoindra dans l’année, elle suspendra son activité de pompière. On n’a pas osé leur demander si cette séparation n’est pas trop dure à appréhender. Ça ne paraît pas simple. Car si chacune vit sa vie de couple, elles concèdent se voir souvent. Être très liées.

Au bout de trente-deux ans, elles prennent pour la première fois des chemins différents. Mais la clarté de leurs yeux parle pour elles. Jumelles pour la vie.

Source : Ouest-France

 

 

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