Cambriolage en “flag” à Pibrac et fuite dans le Gers : un gendarme a ouvert le feu

20180813174210925-0Jeudi, un important dispositif impliquant notamment des personnels du PSIG de Colomiers a été mis en place./Archives DDM

Ils ont pris des risques insensés pour une boîte de caméra Go pro. Vide. Jeudi dernier, en milieu de matinée, trois individus ont été surpris par une patrouille de gendarmerie en sortant d’une maison cambriolée à Pibrac, à l’ouest de Toulouse.

Tous trois ont ignoré les sommations des forces de l’ordre qui souhaitaient procéder à leur contrôle. Selon nos informations, face à la détermination des voleurs présumés à prendre la fuite, un militaire a alors été contraint de faire usage de son arme comme la loi l’y autorise.

Une munition s’est logée dans l’une des roues du véhicule parti en trombe et qui aurait bien pu percuter le gendarme au passage. Mais malgré un pneu à plat, cela n’a pas empêché ce trio infernal de se lancer dans une folle course-poursuite qui s’est terminée dans le Gers.

Un individu déjà sous trois contrôles judiciaires

Peu avant 11 heures jeudi et après avoir dépêché un important dispositif, dont l’hélicoptère du détachement aérien de Francazal et des renforts de leurs homologues gersois, les forces de l’ordre ont réussi à intercepter les trois hommes sur la RN 124, à hauteur de L’Isle-Jourdain.

Après avoir été placés en garde à vue, ils ont été déférés devant l’un des magistrats du parquet de Toulouse samedi. Ces trois personnes ont comparu ce lundi après-midi dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate devant le tribunal correctionnel.

Tous connus des forces de l’ordre et de la justice

Apparus avec des polos ou chemise impeccables dans le box des prévenus, tous ont sollicité un renvoi pour préparer leur défense devant une salle en grande partie occupée par leurs proches. Âgés de 24, 28 et 37 ans, ils sont domiciliés dans le département et connus des services des forces de l’ordre et de la justice pour des faits similaires de vols aggravés ou refus d’obtempérer.

Le plus âgé, défendu par Me Pierre Le Bonjour, est déjà sous le coup de trois contrôles judiciaires, dont l’un dans le cadre d’une affaire d’assassinat survenue dans l’Hérault. Impliqué dans un dossier de vol aggravé, il s’était également évadé du tribunal de Saint-Gaudens par le passé.

« Je ne sais pas s’il s’agit d’un avantage ou d’un inconvénient mais vous avez toutes les garanties de représentation nécessaires ! », lance, non sans une certaine audace, le conseil au tribunal présidé par Jérôme Glavany.

Renvoi du procès au 18 septembre

Car bien sûr, tout l’enjeu de l’audience s’articulait autour de la question de savoir si les trois cambrioleurs présumés devaient, ou non, faire l’objet d’un maintien en détention en attendant la date du procès au fond comme l’a requis le procureur de la République.

« C’est un homme qui a été dépassé par les événements ! », assure Me Robin Senié-Delong pour la défense du conducteur, le plus jeune des trois. « Il est domicilié à Seysses, devait signer l’achat de son appartement le 16 août à Muret et dispose d’un contrat de travail en CDI : un contrôle judiciaire suffit », estime l’avocat.

De même, Me Emmanuelle Franck, rappelle que le casier de son client, le jeune homme de 28 ans, qui fait état de cinq mentions, est loin d’être « effrayant », tout en s’insurgeant contre l’avis du juge de la liberté et de la détention (JLD) qui évoque un individu « incapable de ne pas récidiver ».

Un avis derrière lequel se sont rangés les magistrats puisque tous trois font l’objet d’un mandat de dépôt jusqu’au 18 septembre, date du renvoi du procès. Au grand dam de leurs familles respectives qui ont bien eu du mal à cacher leur déception en quittant le tribunal.

Source : La Dépêche

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