Bretagne. À 200 km/h, il essaye de semer la police dans une folle course-poursuite

 

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L’automobiliste, qui avait semé la police au cours de la la soirée du 13 janvier, a été condamné à la prison par le tribunal correctionnel de Saint-Malo. | ARCHIVES FRANCK DUBRAY

Connu des policiers pour conduire sans permis (en récidive légale), un Malouin a essayé de les semer à 200 km/h lors d’une « folle poursuite ». L’automobiliste était jugé en comparution immédiate, ce mercredi à Saint-Malo. Le tribunal l’a condamné à 16 mois de prison dont 6 avec sursis mise à l’épreuve durant 2 ans. Il a été immédiatement incarcéré.

D’entrée, la comparution immédiate du prévenu a posé problème, car l’homme âgé de 30 ans aurait multiplié provocations et intimidations jusqu’à dire pendant son passage en maison d’arrêt qu’il voulait s’évader pour l’anniversaire de son fils.

Placé sous solide surveillance, il s’engage à mériter la confiance des juges pour que la mesure exceptionnelle de menottes dans le box soit levée.

On évoque alors la soirée du 13 janvier : une patrouille de police le reconnaît au volant d’un Scenic, boulevard de Triquerville.

En narguant ses poursuivants

Malgré le signal sonore et le gyrophare, il fuit Saint-Malo vers Dinard, puis vers Rennes, puis vers Dol, puis Châteauneuf… La présidente du tribunal correctionnel de Saint-Malo, Emmanuelle Gosselin, parle de « folle poursuite, et de vitesse insensée ».

Les policiers reçoivent l’ordre de s’arrêter à hauteur de Saint-Pierre-de-Plesguen. Il a poussé son véhicule jusqu’à 200 km/h sur les quatre voies, roulant au milieu, faisant des embardées, des coups de freins en restant à 30/40 km/h, changeant de direction, faisant même des doigts d’honneur aux poursuivants.

L’homme est interpellé le lendemain à son domicile. Il prétend alors qu’il dormait paisiblement et qu’il a prêté le Scenic à un ami en allant (sans permis de conduire) jusqu’à Saint-Méloir, pour aller fumer des joints jusqu’à 5 h du matin. Il aurait été ramené de là-bas par quelqu’un à scooter, récupérant le véhicule plus tard.

Un homme totalement ingérable

Le prévenu dit avoir été malmené pendant sa garde à vue alors qu’il a été vu deux fois par un médecin. Les propos qu’il a tenus ici et là ont été très forts : « massacrer tout le monde au commissariat à la kalachnikov, égorger tous les juges, tuer le médecin… » […] « Ça, c’est des bêtises pour que je me fasse allumer encore plus » répond-il à l’audience.

Il doit également comparaître à nouveau le 25 février, cette fois pour trois délits de fuite. Son casier judiciaire comporte déjà 26 mentions, dont 14 en lien avec les stupéfiants (au total près d’une dizaine d’années derrière les barreaux).

Partie civile pour les trois policiers, Me Stichelbault s’insurge contre ce « danger public » auquel il est difficile d’accorder un sursis mise à l’épreuve, car cinq mesures de cette nature ont déjà été révoquées. D’autant qu’il ne manifeste pas une volonté de s’amender.

Une peine de prison ferme immédiate

« Il n’assume absolument pas », martèlent l’avocat puis la procureure Émilie Goyet. Elle souligne qu’il a tenté de percuter les policiers, et qu’il persiste à prendre le volant sans permis. Elle réclame notamment une peine de 18 mois, « dont six mois avec sursis mise à l’épreuve pour encadrer sa sortie ».

En défense, Me Sourdin parle de « mission impossible », n’ayant pu échanger au commissariat la première fois. Pas plus de deux minutes avec son client, « en pleine gesticulation, au milieu d’un charabia de menaces ».

Il admet que ce comportement a pu amener les policiers à le maîtriser, et souhaite que son état psychiatrique soit évalué. Il souligne que le prévenu est par ailleurs papa de deux jeunes enfants et travailleur.

Le tribunal prononce 16 mois de prison dont 6 mois avec sursis mise à l’épreuve durant 2 ans, et l’interdiction de se présenter au permis de conduire avant 10 mois. Il a été immédiatement incarcéré. Les policiers seront indemnisés chacun à hauteur de 700 €.

Source : Ouest-France

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