Brest. Ado agressée : le parquet ouvre une enquête

Aucune plainte n'a été déposée suite au post évoquant une agression.
Aucune plainte n’a été déposée suite au post évoquant une agression.

Le Télégramme a repris tous les éléments vérifiables de l’agression présumée d’une pré-ado âgée de 11 ans, dans un bus de Brest, le 4 janvier, tels que rapportés par sa mère. Pas un de ces éléments ne résiste à l’examen des faits. Selon nos informations, le parquet a quant à lui décidé d’ouvrir une enquête

Une pré-adolescente âgée de 11 ans a-t-elle été rouée de coups le 4 janvier dernier, en plein jour dans un bus, sous les yeux de passagers qui seraient restés impassibles ? Dix jours après la médiatisation de cette version livrée par la mère de l’enfant, sur son compte Facebook, et développée ensuite dans Ouest-France, le parquet de Brest a décidé d’ouvrir une enquête « sur suspicion de violences en réunion ». Cette enquête, toujours selon nos informations, est susceptible de déboucher, si les faits ne sont pas avérés, sur une procédure pour « diffusion de fausse nouvelle susceptible de troubler l’ordre public ». Un délit punissable de 45.000 € d’amende. Dans cette affaire, selon nos vérifications, la version de la mère de la victime présumée souffre en effet de nombreuses « failles » et incohérences.

1. L’agression. La société de transports Bibus est entrée en contact avec la maman. À partir de ses indications (vers 17 h 50, le 4 janvier, dans le quartier Bellevue à partir de l’arrêt « patinoire »), Bibus a identifié cinq bus où l’agression aurait pu se produire. Tous les chauffeurs ont été interrogés. Aucun n’a signalé le moindre incident (la maman rapporte que sa fille a crié). Les vidéos, que Bibus a visionnées, confirment les déclarations des chauffeurs. Par ailleurs, aucun incident n’a non plus été rapporté à Bibus par des passagers, pourtant nombreux à ce moment de la journée.

2. Les portes du bus forcées. Dans son témoignage, la maman explique que les deux jeunes agresseuses de sa fille sont entrées dans le bus « en forçant les portes arrières », « en donnant des coups de pied dedans ». Un scénario qu’invalide Bibus. Un : aucun des chauffeurs ne rapporte un tel incident. Deux : si tel avait été le cas, ce forçage aurait automatiquement généré un blocage du bus et un signalement automatique d’incident. Bibus rapporte que ce n’est pas le cas.

3. L’appel à Bibus. La maman dit avoir appelé Bibus « une heure après l’agression » pour demander à « visionner les caméras de surveillance ». Bibus est là encore catégorique : après avoir interrogé son centre d’appels, aucune communication de ce type n’a été répertoriée ce soir-là. Selon Bibus, face à cette contradiction, la maman serait revenue sur sa version. Elle assurerait désormais avoir formulé la demande à un chauffeur de bus. Bibus a interrogé ses chauffeurs. Aucun ne confirme cette nouvelle version.

4. Les caméras « pas allumées ». La maman soutient que c’est la réponse que Bibus lui aurait faite quand elle a demandé à visionner les vidéosurveillances. Bibus est une nouvelle fois catégorique : aucune trace de cette demande. Et les caméras fonctionnaient bien. Bibus, qui les a visionnées, les tient d’ailleurs à disposition de la police.

5. La plainte. Dans son témoignage, la maman était très affirmative et ses propos très circonstanciés : « Je suis allée au commissariat pour déposer plainte, mais je ne sais pas si ça servira à quelque chose. Les policiers m’ont dit qu’ils connaissaient l’agresseure principale et qu’elle n’avait pas peur d’eux ».

Affirmations réfutées par la police, après « d’exhaustives recherches » : aucune plainte n’a été déposée (Le Télégramme de vendredi). Le lendemain, dans Ouest-France, la maman indiquait « de nouveau réfléchir à porter plainte » et maintenait, pour le reste, sa version. Sans qu’aucun élément nouveau ne soit donné pour les étayer.

Nous avons à nouveau tenté d’obtenir des précisions de la part de la maman. Elle a fait le choix de ne pas répondre à nos sollicitations. Elle a en revanche supprimé, dans un premier temps, le post à l’origine de cette affaire, puis, dans un second temps, elle a désactivé son compte Facebook.

Source :  Le Télégramme

Profession Gendarme a déjà publié deux articles concernant cette affaire le 8 et 14 janvier :

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