Blangy-sur-Bresle : il avait tabassé un homme et insulté les gendarmes

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L’enquête été confiée aux gendarmes (photo d’illustration)
Justice. Un Blangeois écope de quinze mois de prison pour avoir tabassé un homme puis déversé un florilège d’injures sur les gendarmes.

«Cela commence par une bagarre dans la Grande Rue François-Mitterrand à Blangy-sur-Bresle, devant un restaurant kebab », relate la présidente du tribunal correctionnel de Dieppe, le vendredi 17 août, face à Baptiste Anquetin, 34 ans, domicilié dans la même commune. « Je reconnais m’être battu avec ce monsieur, qui doit rembourser une voiture à mon père », admet cet homme. Il ajoute : « J’étais au kebab. On s’est croisé. J’ai tapé dessus, tout simplement. Oui des coups de poings, de pieds. »

L’action se déroule en deux temps le dimanche 12 août 2018, vers 18 h 45 : d’abord près de ce snack situé dans l’artère principale de Blangy, ensuite à un feu tricolore, où deux gendarmes tentent de l’interpeller alors que l’adversaire passe à leur hauteur, à pied.

En l’absence de la victime, la présidente Sandrine Branche se plonge dans le dossier : « Il dit que vous l’avez percuté avec votre voiturette. Il dit aussi que vous lui avez porté des coups de pieds alors qu’il se trouvait au sol, des coups de pieds au visage, notamment. Il dit que vous l’avez menacé de mort en disant : « je te buterai, je te crèverai » ! »

À la barre sous les yeux de son escorte, Baptiste l’assure : « Je ne me souviens pas moi-même l’avoir renversé. » Il reconnaît avoir fait demi-tour avec sa voiture sans permis pour retourner au kebab : « J’y avais oublié mon téléphone. C’est au retour que je l’ai à nouveau croisé. C’est là que les gendarmes sont arrivés. »

Le renfort du Psig

Baptiste avait encore abusé de la boisson. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il circule en voiturette. Son dépistage d’alcoolémie révéle un taux de 0,76 mg par litre d’air expiré, soit 1,52 g par litre de sang. Son ennemi sera légèrement blessé.

Tout aurait pu en rester là, mais Baptiste « disjoncte » avec les gendarmes de Blangy, qui doivent obtenir le renfort du Psig (Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) de Neufchâtel-en-Bray. Au moment de son interpellation, l’agresseur demande à téléphoner à son père. Demande refusée. L’un des deux gendarmes lui retire son téléphone. Baptiste se rebelle. Les gendarmes peinent à le menotter. Ils doivent lui pratiquer une « balayette » et une « clé de bras » pour l’immobiliser.

Dans le prétoire, le prévenu est à jeun, donc calme, courtois. Il ne remet pas en cause les propos des forces de l’ordre, qui l’accusent aussi de multiples outrages pendant les trajets : « Moi, ce jour-là, je n’étais pas dans mon état normal. Si les gendarmes le disent, c’est que c’est vrai ». « Vous n’avez pas eu une attitude correcte avec le médecin », ajoute la présidente. « Je n’ai pas souvenir d’avoir sauté sur elle. »

« Je m’en excuse »

« Vous avez un problème avec les gendarmes ? » « Non. Si j’ai dit des gros mots, je m’en excuse. » Cinq gendarmes, parties civiles, sont venus de Neufchâtel et Blangy : « Il s’en est surtout pris à nous quand il a soufflé et connu son taux », témoigne l’un. En sortant de l’hôpital, le militaire au volant a reçu un coup de pied. Un autre a subi une injure raciste.

Baptiste ne va pas bien. Ce natif d’Abbeville vit depuis quatre ans à Blangy. « Avant j’étais réparateur de moules à la verrerie du Courval. J’ai dû arrêter car je suis épileptique. Même hier j’ai fait une crise en détention. Le jour des faits, je venais de consommer quatre bières. Quand j’ai le nez dedans, je n’arrive pas à m’arrêter. » Son casier ne plaide pas en sa faveur, surtout pour des infractions liées à la consommation d’alcool et de stupéfiants. « C’est vrai que j’ai un problème avec l’alcool. J’ai déjà été incarcéré. Le plus que j’ai fait en prison, c’est un an. ».

Le procureur Yves Dupas, déplore que le prévenu se trouve en récidive pour toutes les infractions. « En répression, je requiers 18 mois de prison ferme et le maintien en détention. »

Me Victoric Bellet, son avocat, déplore que son client ne puisse pas travailler, en raison de sa santé. « Il a obtenu des droits pour voir ses deux filles qui vivent dans le ressort du parquet de Boulogne-sur-Mer, mais il ne peut pas se déplacer. Il a besoin de soins psychologiques, psychiatriques et en alcoologie. » Invité à s’exprimer en dernier, Baptiste Anquetin se retourne vers les gendarmes et fait repentance : « Si j’ai tenu tous ces propos-là, une fois encore je m’en excuse. » Il écope de quinze mois ferme, avec maintien en détention. Et devra aussi verser au total plus de 1 500 € de dommages et intérêts et frais de justice.

Source : Paris Normandie

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