Avignon : il attaque l’ex-gendarme qui a laissé filer les amants diaboliques

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Wilfrid Cerveaux (ici avec son avocat lors du procès) a été victime d’une tentative d’assassinat à Avignon en 2003.

À la victime qui s’étonnait que l’enquête n’avance pas, l’adjudant Francis Navarro avait expliqué avoir “des affaires plus importantes à traiter.” Glaçante explication, quand on sait que Wilfrid Cerveaux avait été lapidé sur l’île avignonnaise de la Barthelasse avant de se jeter dans le barrage de Sauveterre pour échapper à la mort.

Le gendarme n’avait évidemment pas d’affaire plus grave dans les tiroirs de son bureau de la brigade de Roquemaure. Non, l’homme avait tout simplement enterré cette tentative de meurtre, comme 49 autres dossiers dont il avait la charge. “Je suis retourné plusieurs fois à la gendarmerie, raconte la victime. Mais j’ai eu l’impression que mon affaire n’était pas prise au sérieux.” Pire, Francis Navarro avait usé d’une manipulation informatique pour laisser penser que le dossier avait été transmis au parquet.

Une négligence criminelle

Il a ainsi laissé filer les coupables alors qu’il avait en main leurs noms, leur adresse et jusqu’à l’immatriculation de leur voiture. Plus qu’une faute professionnelle, une négligence criminelle. Car six ans plus tard, en 2009, Éric Meynier et Ludovic Serra assassinaient un autre jeune homosexuel, Frédéric Flourou, étranglé puis jeté dans un puits à Sérignan (Hérault).

Le 17 février dernier, les “amants diaboliques” étaient condamnés à 25 et 30 ans de réclusion criminelle pour assassinat et tentative d’assassinat par la Cour d’assises de l’Hérault. Du procès avait émergé une certitude : si le couple avait été arrêté après les faits de la Barthelasse, jamais Frédéric Flourou ne serait tombé dans ses griffes. “Ce que vous avez fait aurait pu vous mener derrière moi, dans le box des accusés” avait signifié Me Darrigade, avocat de Meynier, à M.Navarro.

Aujourd’hui, l’hypothèse reprend forme, puisque le conseil de Wilfrid Cerveaux, Me Alet, annonce qu’il a porté plainte contre l’ancien gendarme pour faux en écriture publique. Comme si justice n’était pas encore entièrement passée : ceux qui ont perpétré l’assassinat de Sérignan ont été punis, pas celui qui n’a rien fait pour l’empêcher. Pourquoi le gendarme avait ainsi renoncé à sa mission ? “Parce que j’en avais ras-le-bol et par manque de professionnalisme” a-t-il répondu devant la Cour d’assises, avouant avoir “perdu pied”. Une enquête interne avait abouti en 2010 à son éviction de la gendarmerie.

 

Source : La Provence.com

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