« Avant que leurs traces ne s’effacent »

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Pour son premier roman, le général d’armée (2S) Jacques Mignaux, ancien directeur général de la gendarmerie nationale, s’est essayé à la fiction policière. Il a planté son intrigue dans son Vercors natal, à l’époque de la Libération, où trois résistants vont tenter de faire la lumière sur l’exécution d’un groupe de camarades.

Pour son premier roman, le général d’armée (2S) Jacques Mignaux, directeur général de la gendarmerie nationale du 12 avril 2010 au 10 avril 2013, a planté son récit dans le Vercors, sa terre natale, à la fin de la Deuxième guerre mondiale.

« En 1940, le pays s’est effondré. C’est une période sombre de notre histoire, au cours de laquelle des gens ont levé la tête et ont fait acte de résistance, soit en prenant les armes, soit en protégeant et en sauvant les victimes des persécutions nazies, explique ce natif de Saint-Marcellin, dans l’Isère. J’ai eu envie d’écrire sur les souvenirs de famille que j’avais de cette période, sur cette région, mais aussi de rendre hommage aux héros de l’époque, à cette génération qui avait alors 20 ans et qui nous quitte peu à peu. C’est d’ailleurs l’un des sens du titre de ce roman. À travers cette fiction, je voulais rendre hommage aux gens qui ont souffert, à ceux qui ont résisté, aux Justes… »

Une fiction policière sur fond de collaboration

En juillet 1944, la France est dévastée et la cohésion nationale profondément fracturée. Quelque 4 000 résistants sont prêts au combat dans le Vercors, lorsque l’ordre de dispersion est donné le 21 juillet 1944. Certains parviennent à quitter le maquis, d’autres pas… Les troupes allemandes, parmi lesquelles des bataillons de « Mongols », feront près de 200 victimes parmi les civils.

Si l’auteur ne traite pas directement des massacres perpétrés, c’est sur ce dénouement tragique que débute cette fiction policière. Le roman met ainsi en scène trois jeunes résistants rescapés du Vercors, qui vont mener une enquête pour tenter de faire la lumière sur l’exécution par la milice d’un groupe de résistants, de retrouver les auteurs de ces exactions et d’identifier le traître qui a dénoncé leurs camarades. Leur enquête démarre véritablement à la libération de Valence, relatée dans l’ouvrage, et va les emmener jusqu’en 1949.

Un roman pour ne pas oublier…

Il leur faut faire vite, « Avant que les traces ne s’effacent », « parce qu’il s’est passé tellement de choses à cette époque, que beaucoup se sont perdues dans la masse et n’ont pas été jugées », explique Jacques Mignaux, donnant ainsi un autre sens au titre de ce premier roman.

Mais dans ce contexte historique compliqué et sensible, pour lequel l’auteur s’est beaucoup documenté, notamment dans les archives départementales, les jeunes résistants parviendront-ils à faire en sorte que la tentation de rendre justice ne prenne pas le pas sur leur quête de vérité ?

« Je m’appuie sur ce contexte historique pour dérouler l’intrigue et aborder les questionnements et les états d’âmes des protagonistes. J’ai créé mes personnages de toutes pièces. Et ce qui m’a surpris au fil de l’écriture, c’est qu’à un moment donné, mes personnages m’ont échappé pour évoluer dans leur propre rôle, souligne Jacques Mignaux, qui n’exclut pas la possibilité de reprendre la plume au gré de son inspiration.

Avant que leurs traces ne s’effacent…

par Jacques Mignaux

Dacres éditions

Livre broché – 292 pages

14 €

Source : Gendcom

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