Aulnay-sous-Bois : des proches de Théo devant le siège du syndicat policier Alliance

En février 2017, des habitants d’Aulnay-sous-Bois manifestaient pour défendre Théo, grièvement blessé par des policiers. Certains de ses proches vont protester, ce vendredi 9 mars, devant le siège du syndicat policier Alliance. (Illustration) LP/Ph.L.

Certains membres du comité de soutien au jeune homme grièvement blessé lors d’un contrôle de police veulent dénoncer l’attitude du syndicat. Ce dernier estime que la blessure infligée au jeune homme est accidentelle.

Le face-à-face risque d’être tendu. Ce vendredi après-midi, des membres du comité de soutien «Justice pour Théo» – du nom de ce jeune homme grièvement blessé par des policiers il y a un an à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) – vont manifester devant le siège du syndicat de police Alliance, à Paris. Ils répondent à l’appel du collectif citoyen «la Révolution est en marche» et entendent dénoncer ce qu’ils estiment être une «campagne de propagande contre Théo» de la part du syndicat.

«Alliance a récemment publié une vidéo sur sa page Facebook et fait des déclarations à la radio, dans lequelles ils font passer Théo pour un menteur. Si on les écoute, c’est lui l’agresseur», résume l’entourage familial de Théo, lequel vit toujours avec une poche, son sphincter ayant été déchiré sur 10 cm. «On veut rappeler que les policiers sont là pour protéger, pas pour blesser les citoyens», ajoute-t-on au comité de soutien de Théo.

Récemment, plusieurs éléments sur l’instruction en cours de cette affaire – dans laquelle quatre policiers sont mis en examen, l’un pour viol et pour violences volontaires en réunion – ont ranimé le débat. Ainsi, un rapport médical indique que le coup de matraque porté par le policier n’aurait pas directement pénétré l’anus mais «la partie péri-anale […]», sur dix centimètres. De quoi invalider la thèse du viol, selon certains défenseurs des policiers… mais seul le juge d’instruction peut requalifier les faits.

 

Par ailleurs, des extraits de la vidéosurveillance, récemment dévoilés, montrent l’échauffourée précédant la grave blessure de Théo. Là encore, certaines personnes en concluent que le jeune homme aurait provoqué les policiers.

Grégory Goupil, du syndicat Alliance, n’est «pas étonné» par cette manifestation à venir. «Nous sommes les seuls à avoir, dès le début, défendu les collègues mis en cause et demandé que la présomption d’innocence soit respectée», explique le délégué syndical.

S’il répète qu’Alliance «ne se réjouit pas des blessures graves de Théo», il défend la version du policier auteur du coup de matraque : «C’est accidentel, on réfute le viol. Je rappelle qu’à l’origine, c’est un contrôle de police qui dégénère, au cours duquel les collègues sont frappés !» Et de charger le collectif organisateur, «la Révolution est en Marche», selon lui «notoirement connu pour être anti-flic et uniquement chercher le buzz».

Source : Le Parisien

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