Attentats: les forces de l’ordre témoignent de leur épuisement professionnel

Gardes interminables, horaires décalés, missions tendues: les gendarmes, policiers et militaires chargés de sécuriser le territoire national sont fatigués.

Quelque 12.000 policiers, gendarmes et militaires sont mobilisés depuis le début de l’année pour répondre à la menace terroriste. Et davantage encore depuis les attaques du 13 novembre qui ont accru la pression sur les forces de l’ordre. Leur mission: patrouiller autour des lieux sensibles et rassurer la population.

Mais à mesure que les mois passent, la fatigue s’accumule. Certains personnels témoignent à visage découvert alors que le contexte interdit tout relâchement de la vigilance.

“Beaucoup de collègues, qui ont des comptes épargne temps, ne peuvent plus poser de jours, des repos compensateurs ne peuvent être pris. Il peut arriver que certains collègues enchaînent un travail de 23 heures en tenue”, détaille Frédéric Delplancq, brigadier-chef CRS et affilié UNSA-Police La Rochelle.

“Un bon stress” qui n’empêche pas la fatigue

“Même s’il y a une forme de bon stress lié à l’importance de la mission, il n’en demeure pas loin que la fatigue est là, qu’elle s’accumule, et qu’il y aura un retour de bâton inévitablement, à un moment ou un autre”, témoigne Michel-Antoine Thiers, du syndicat des cadres de la sécurité intérieure.

Il évoque aussi une “situation préoccupante” avec un accroissement du “risque d’erreurs et d’accidents”. En avril, l’Unsa-police, par la voie de Philippe Capon, son secrétaire général, s’interrogeait sur la viabilité d’un maintien du plan Vigipirate. Il notait alors la nécessité de “travailler les forces de l’ordre avec des horaires et un fonctionnement raisonnables, (car) nous ne sommes plus dans un système rationnel”.

Pour soulager les équipes déployées, le gouvernement a promis le recrutement de 5.000 policiers et gendarmes supplémentaires. Mais en comptant le temps de formation, ils ne seront pas sur le terrain avant deux ans.

Source : BFMTV

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