Arnaqué sur une autoroute, l’ex-gendarme témoigne

Un habitant du pays de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), gendarme à la retraite, a été victime de « vol à la pitié » sur une autoroute normande. Ce genre d’arnaque est courant. L’homme tient à alerter ses concitoyens. Témoignage.

« J’ai un défaut : je suis trop généreux. J’ai toujours été comme ça et ce n’est pas à 70 ans que cela va changer. Là, je dois reconnaître que je me suis fait rouler. Pour moi, le mal est fait. Mais si mon témoignage peut éviter le même désagrément à d’autres personnes…

Le dimanche 26 mars, j’ai été victime d’une affaire de vol à la pitié, sur l’aire d’autoroute du Bosgouet, entre Rouen et Caen. Je revenais de Dunkerque avec mon épouse et nous avons fait une pause sur la route. À peine descendus de voiture, nous sommes interpellés par un homme, âgé d’une petite quarantaine, en anglais. Il avait l’air totalement dépité. Il nous a dit avoir séjourné avec son fils de 16 ans à Paris. La veille, toutes ses affaires (ordinateur, vêtements, billets de bateaux, carte bancaire et téléphone) auraient été volées dans sa voiture. Ils ne pouvaient plus prendre leur bateau à Cherbourg le soir même et sollicitaient de l’aide sur cette aire d’autoroute, pensant qu’elle était fréquentée par des ressortissants britanniques.

« Nous lui avons donné 250 € »

Il avait besoin de 200 € pour payer le bateau et de 50 € pour manger. Il s’engageait à nous rembourser dès son retour en Irlande. J’ai pris des précautions. Il m’a donné son nom, a présenté une carte professionnelle. Puis il m’a remis son permis de conduire à ma demande, que j’ai pris en photo. Cela n’a eu aucun effet sur son attitude. Je lui ai aussi fait signer une garantie écrite de ce prêt, mon épouse nous a pris en photo, a photographié le véhicule. Aucune réaction. Même quand je lui ai dit que j’étais gendarme à la retraite… Nous avons donc retiré 250 € au distributeur que nous lui avons donnés.

Les arnaques liées à des « vols à la pitié » sont de plus en plus courantes sur les aires d’autoroutes françaises. Cet habitant du pays de Saint-Malo en a fait les frais sur l’A13, entre Rouen et Caen. (Photo d’illustration : Ouest-France)

Sans nous concerter, nous avons accepté de l’aider, ma femme et moi. En voyage en Espagne, mon épouse avait un jour oublié son sac à main dans un bar. Heureusement, nous l’avions retrouvé. Mais nous avons pensé à ce qui se serait passé si cela n’avait pas été le cas… Nous aurions été dans la même situation que cet homme.

Après réflexion, je me dis que nous avons peut-être été trop naïfs. Mais si moi j’ai le don de l’empathie, lui a le don de la comédie. Le monde est ainsi fait. Au long de ma carrière, j’ai rendu bien des services. L’empathie fonde le sentiment d’appartenance à la communauté humaine…

« J’aimerais que ma mésaventure serve à d’autres »

J’ai porté plainte. J’aimerais que ma mésaventure serve à d’autres. En me renseignant sur internet, j’ai appris que ce genre d’arnaques était courant sur les aires d’autoroutes. Je déplore que les sociétés d’autoroutes ne mettent pas en garde les automobilistes de ce genre de pratique. Il pourrait tout simplement y avoir des panneaux de mise en garde sur les aires. Le défaut d’information devrait amener ces sociétés à rembourser ces arnaques.

En tout cas, si ce genre de mésaventure arrive, je conseille aux victimes de prévenir la gendarmerie ou la police en recueillant le maximum d’éléments pour faciliter les recherches. Mais en aucun cas, il ne faut intervenir individuellement. »

Source : Ouest France

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