Après 4 ans passés à la tête de la Compagnie de gendarmerie d’Épernay Le commandant Badel rejoint l’État-major

À la veille de son départ, le commandant Badel dresse le bilan de son passage à la tête de la Compagnie de gendarmerie la plus vaste du département. Entretien.

Le 1er août 2009, vous preniez la tête de la Compagnie d’Épernay, une région qui vous était totalement inconnue. Vous souvenez-vous de cette prise de fonctions ?
« De la région, je ne connaissais que Reims. Ma connaissance du champagne se résumait aux linéaires des magasins. Une vision réductrice, j’en conviens. Mais surtout, j’arrivais alors qu’Épernay s’apprêtait à donner ses premiers coups de sécateur. Les pratiques culturelles et le vocabulaire m’étaient inconnus. En revanche, je savais que j’arrivais sur un territoire chargé d’Histoire, avec un lourd héritage du passé. Mais avant tout, j’avais conscience de l’importance du champagne non seulement à Épernay mais aussi dans le monde entier ».
Vous arriviez avec quelles ambitions ? « Je voulais qu’au travers de ses missions, le gendarme laisse son empreinte. Il s’agissait purement et simplement de faire tomber le mur virtuel entre le citoyen et le militaire et créer une proximité entre le gendarme et la population. Sans oublier, notre mission de sécurité. Je voulais un retour aux sources du métier de gendarme qui est de chasser le voleur. Le gendarme ne doit pas seulement être celui qui verbalise. Pour cela, il était impératif d’avoir une parfaite connaissance de notre territoire car c’est le terrain qui commande ».
Quatre ans plus tard, avez-vous le sentiment d’avoir réussi ?
« Oui, à plus d’un titre. Par exemple, lorsque je fais venir la Garde républicaine pour sécuriser les vendanges. La vigne et le champagne constituent un véritable enjeu en terme de sécurité publique. Il a fallu mettre en place une campagne de prévention contre les cambriolages dans les celliers et maisons de champagne. La mise en place du plan champagne signé par le préfet, les présidents du SGV, de l’UMC, et du général de région, a permis de voir chuter le nombre de cambriolages. Depuis un an, j’ai mis en place des opérations appelées « In media res » (Ndlr : au cœur des choses) qui se caractérisent au quotidien par des opérations de sécurisation dans chaque commune dépendant de la Compagnie avec la présence accrue de gendarmes à pied et armés. On se doit d’être visibles ».
Abandonné et retrouvé vivant
Quels événements vous ont marqué au cours de ces quatre années ?
« J’ai connu la tristesse et la joie, propres à notre métier. Le taux de mortalité sur les routes a baissé avec 10 morts en 2012 contre un en 2013. Mais c’est déjà un de trop. En revanche, j’ai eu à déplorer 5 homicides dont le dernier remonte à mai. Je garde le souvenir heureux de ce nouveau-né abandonné à Tours-sur-Marne et retrouvé vivant. De ces personnes disparues qui ont pu rentrer chez elles. Les cambriolages et la délinquance de proximité ont considérablement baissé également. Mais, ces résultats, je n’ai pu les obtenir que grâce au travail mené par les gendarmes au sein de leur brigade. Le chef n’est là que pour impulser, contrôler, former et bien entendu commander. Il existe au sein de la Compagnie une véritable logique de territoire à l’image de la COB de Dizy qui dépendait jusqu’en 2009 de la Compagnie de Reims et qui est revenue depuis, dans le giron d’Épernay.
Je n’oublie pas non plus les excellentes relations avec le commissaire Daubigny. Nous avons travaillé en parfaite harmonie, sans guerre de territoires… »
Pas de regret donc de quitter la Champagne ?
« Absolument pas ! Je suis arrivé néophyte et je repars un peu plus qualifié en champagne… »
Connaissez-vous votre successeur ?
« Oui, mais ce n’est pas à moi de le présenter mais à lui ou plutôt à elle, puisque dès le 1er août, ce sera un élément féminin de la gendarmerie qui présidera à la destinée de la Compagnie ».
Propos recueillis par Corinne LANGE

Source : L’Union

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