Antibes › VIDEO. Gendarme blessé dans les intempéries: “Je dois une fière chandelle à mon équipe”

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Mathieu Millereaux, chef de brigade de la gendarmerie de Valbonne.Photo Nice-Matin / Cyril Dodergny
Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, lors des violentes intempéries, Mathieu Millereaux, chef de brigade de la gendarmerie de Valbonne, est intervenu à Biot sous le commandement du lieutenant Stéphanie Laurent. Blessé pendant une opération de secours, il livre un témoignage touchant à Nice-Matin.Mathieu Millereaux, 33 ans, chef de brigade de la gendarmerie de Vabonne

Le soir des intempéries, sur les environs de 23 heures, les services de la gendarmerie de Valbonne ont été appelés sur le secteur de la maison de retraite de Biot où il y a eu trois morts. Malheureusement, la route d’Antibes, pour aller aux Quatre-chemins, était complètement inondée. Il a également fallu mobiliser un véhicule, car aucun service de secours n’était présent à part nous.

Nous sommes arrivés devant un paysage de désolation: les gens appelaient au secours, ils marchaient hagards dans les rues… Il nous était impossible de circuler dans ces conditions, il y avait trop d’eau sur les routes.

“J’ai été aspiré par une bouche d’égout”

Nous avons commencé à arrêter quelques véhicules, afin de recenser les premières victimes. Mon équipe était composée de trois pompiers, cinq militaires de la compagnie de Cannes et trois bénévoles, venus prêter assistance. Jusqu’à minuit, nous avons évacué les résidents, maison par maison, tout se passait bien.

Une fois le secteur sécurisé, une personne de la mairie de Biot vient me signaler une absence totale de secours sur le quartier de la Fontanette. Les personnes étaient toujours sinistrées et demandaient de l’aide. Je l’invite alors à commencer l’évacuation du site, avant de la rejoindre. Mais, lors d’un mouvement, j’ai été aspiré par une bouche d’égout.

“Par chance, j’ai eu un réflexe”

Elle s’était dessoudée à cause de la puissance de l’eau et laissait un trou béant. Quand je suis tombé, je me suis retrouvé au milieu de la boue, de branchages et du macadam. Par chance, j’ai eu un réflexe: ouvrir et écarter les bras, ce qui m’a permis d’être retenu par mes coudes. Je suis donc resté bloqué à la surface.

Les collègues pompiers ont pu me repêcher, me sortir puis me transporter à l’hôpital. J’ai une côte légèrement cassée et certainement le ligament du genou droit abîmé. Je suis donc immobilisé pour l’instant.

“J’aurais eu du mal à m’en sortir seul”

Pendant ma chute, je n’ai rien senti, c’était instantané. Je me suis réveillé, bloqué dans le trou. La force des flots était telle que j’aurais eu du mal à sortir seul de là, j’en avais la respiration saccadée.

Heureusement que je suis de constiution solide, car même le médecin m’a dit qu’on aurait pu me retrouver noyé dans les égoûts ou que j’aurais pu avoir l’ossature complètement cassée et me retrouver handicapé.

 

L’intervention n’a même pas duré cinq secondes, j’ai juste eu le temps de reprendre conscience et de voir les collègues. Mais ça suffisait pour se voir partir. Je dois une fière chandelle à mon équipe.

“Malgré tout, je pense aux victimes”

Malgré tout, je pense aux victimes qui ont perdu leur maison, leur vie, etc. Moi, ce ne sont que des blessures. C’est physique, je vais m’en remettre.

Et je suis quand même frustré de pas avoir pu rester avec les camarades sur le terrain, de ne pas avoir pu continuer à sauver des vies. Par ailleurs, avant d’intervenir dans le cadre de mes fonctions, j’avais extrait des eaux, avec l’aide d’un collègue, un couple, dont une femme enceinte, et un enfant.


Témoignage gendarme par nice-matin

Source : Nice-Matin

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