Amiante sur le lotissement : la gendarmerie enquête

Des barrières interdisent l'entrée du nouveau lotissement des Cosses de Montchenu à Méhers. - Des barrières interdisent l'entrée du nouveau lotissement des Cosses de Montchenu à Méhers.

Des barrières interdisent l’entrée du nouveau lotissement des Cosses de Montchenu à Méhers.

Méhers. Un lotissement tout juste viabilisé est interdit d’accès. De l’amiante provenant d’un ancien poulailler a été découvert par la gendarmerie.

 Comme beaucoup de communes rurales désireuses d’attirer de nouveaux habitants, Méhers compte sur son futur lotissement des Cosses de Montchenu pour rajeunir sa population de 348 âmes. Malheureusement, ce projet annoncé dès 2009 par le conseil municipal et repoussé à plusieurs reprises, connaît une péripétie qui va retarder la construction des premiers pavillons. Tout commence au mois de mars dernier. Alors que la viabilisation du terrain est juste achevée, un salarié de l’entreprise ayant réalisé le chantier se présente à la brigade de gendarmerie de Contres afin de porter plainte contre son employeur pour harcèlement moral. L’homme saisit cette occasion pour dénoncer la présence d’amiante sur le lotissement de Méhers. D’après ses déclarations, ce matériau toxique aurait été déplacé sans aucune précaution par lui et ses collègues et repoussé en dehors du périmètre au lieu d’être expédié vers une déchetterie spécialisée.

Alerté, le parquet de Blois décide alors d’ouvrir une enquête préliminaire confiée conjointement à la brigade de recherches de Romorantin et à l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et la santé publique (OCLAESP).
Un beau matin du mois de mai, les riverains de la route de la Fontaine voient débarquer plusieurs véhicules de gendarmerie et d’enquêteurs de l’OCLAESP. « Il y avait même un hélicoptère qui survolait le terrain pour prendre des photos et des personnes avec une tenue de protection qui faisaient des prélèvements », se souvient une habitante dont la propriété jouxte le futur lotissement. « Un gendarme est venu nous demander si nous avions l’intention de porter plainte au cas où de l’amiante serait retrouvé sur place. Avec mon mari, on réfléchit encore à cette possibilité. »
Les échantillons prélevés ont été analysés et les résultats sont formels : il y a bien de la fibre d’amiante sur le site comme nous l’a confirmé la procureure de la République de Blois, Dominique Puechmaille. L’accès au futur lotissement est depuis interdit.
Le matériau toxique provient d’un ancien poulailler industriel détruit par un incendie il y a bien longtemps. Le bâtiment était constitué notamment de plaques de fibrociment laissées sur place sous forme de gravats par l’ancien propriétaire.

“ D’autres personnes seront entendues dans les prochains mois ”

La semaine dernière, la procureure de Blois a demandé aux enquêteurs d’entendre en garde à vue trois personnes, à savoir le responsable de l’entreprise ayant réalisé la viabilisation, le conducteur de travaux ainsi que le maire de Méhers en sa qualité de maître d’ouvrage s’agissant d’un lotissement communal. Cette mesure ne présume en rien de leur éventuelle responsabilité pénale dans l’affaire mais doit aider les gendarmes à y voir plus clair.
« L’enquête va devoir déterminer les responsabilités de chacun et préciser si la réglementation sur l’amiante a été délibérément contournée ou si les personnes concernées ont agi par ignorance, oubli ou négligence, précise Mme Puechmaille. Plusieurs infractions au code de l’environnement, au code du travail et au code pénal sont visées notamment la gestion irrégulière de déchets mais aussi la mise en danger et l’exposition sans protection de salariés à ce matériau dangereux. L’enquête ne fait que commencer, d’autres personnes seront entendues dans les mois qui viennent. »

repères

En avril 2013, un entrepreneur de Châtillon-sur-Cher a été condamné à une peine de deux mois de prison avec sursis et 3.000 € d’amende dont 500 avec sursis pour avoir stocké de l’amiante à l’air libre dans la cour de son entreprise et exposé plusieurs de ses salariés au danger lors de chantiers de désamiantage notamment à l’hôpital de Saint-Aignan.

Source : La Nouvelle République

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