Allier : les gendarmes détournaient l’argent des PV

Les deux anciens gendarmes ciblaientles routiers étrangers.? – ILLUSTRATION Cécile Champagnat
Pendant environ un an, entre 2013 et 2014, deux gendarmes ont détourné des procès-verbaux, à Montmarault. Ils évoquent des problèmes financiers. Le tribunal rendra sa décision le 29 septembre.

«C’est fréquent dans la gendarmerie ? Car on a l’impression que c’est presque banal ! D’autres militaires sont aussi dans le rouge et ne vont pas céder à la tentation », lance, stupéfaite, Jocelyne Rubantel. En face d’elle, mardi, la présidente du tribunal correctionnel de Montluçon a deux anciens gendarmes.

Des milliers d’euros

Entre 2013 et 2014, au sein du peloton motorisé de Montmarault, chacun de leur côté, sans se consulter, ils ont détourné des sommes de procès-verbaux qu’ils dressaient. La cible était toujours les infractions constatées chez les routiers étrangers.

Le premier, ancien adjudant au sein de la PMO, éprouvait des difficultés financières suite à un crédit immobilier. Les soucis pécuniaires de l’autre étaient liés aux frais d’hospitalisation de son père.

Le premier a remboursé 4.050 € dès que les faits ont été découverts, après sa mutation à l’automne 2014. Un montant qui correspond aux procès-verbaux qu’il prévoyait d’enregistrer plus tard. Il se constituait en fait une « avance de trésorerie », décrit le procureur de la République, Emmanuelle Carniello. Quant aux autres feuillets détournés, impossible pour le prévenu de donner un chiffre. « Je ne sais pas. Je ne tenais pas la comptabilité. » L’autre évalue son gain à 8.000 €.

« Comment peut-on salir son uniforme et celui des autres aussi aisément ? », demande Jocelyne Rubantel. « J’avais l’uniforme, c’est vrai. J’ai fait passer ma famille avant », répond le premier. L’autre n’a pas d’explications : « J’ai perdu pied ».

Pas suffisant comme réponses pour le tribunal qui sait que l’affaire entachera l’image de leur ancienne brigade et de leur métier en général. « Il y a encore une procédure pour savoir si ces deux messieurs percevront leur droit à la retraite », précise Emmanuelle Carniello.

« Comment peut-on salir son uniforme et celui des autres aussi aisément ?

Le premier, au bout de vingt-trois ans de service, a été mis à la retraite au 1 er juillet 2015. La procédure disciplinaire du second, qui avait déjà acquis ses droits, a abouti à un blâme du ministère.

Reste la sanction judiciaire. Le tribunal rendra sa décision mardi 29 septembre. Le parquet a requis dix-huit mois de prison avec sursis et 11.000 € d’amende pour l’ancien adjudant, et un an de prison avec sursis et 8.000 € d’amende pour l’autre.

Source : La Montagne

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