Affaire des Mutuelles de Bretagne : ce qu’a dit Richard Ferrand aux juges

Le président de l’Assemblée nationale, mis en examen pour « prise illégale d’intérêts », est soupçonné d’avoir facilité l’achat d’un local par sa compagne et sa location par le réseau.

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Richard Ferrand, à l’Assemblée nationale, le 14 janvier. LUDOVIC MARIN / AFP
Il y a quatre mois, la mise en examen de Richard Ferrand pour « prise illégale d’intérêts » dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne, exceptionnelle pour un président de l’Assemblée nationale en exercice, secouait la République. La justice signifiait par là disposer d’« indices graves ou concordants » rendant vraisemblable que le quatrième personnage de l’Etat ait pu participer à la commission d’une infraction dans ses anciennes fonctions de directeur général du réseau mutualiste breton, à travers une opération immobilière au profit de sa compagne, en 2011.Celle-ci s’est constitué un patrimoine valorisé à 600 000 euros, en achetant des locaux, aussitôt loués aux Mutuelles, à Brest, dont les loyers ont financé l’acquisition. Et ce, sans que les administrateurs aient tous compris à qui ils louaient, l’opération s’étant faite par l’entremise d’une société civile immobilière (SCI).

Si l’instruction reste en cours, le travail d’investigation des trois juges lillois chargés du dossier est terminé. Le Monde a eu accès à l’enquête, conduite dans le cadre de l’information judiciaire ouverte en janvier 2018 à la demande du Parquet national financier (PNF).

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Impliqué personnellement et à de multiples niveaux

Certes, le débat reste vif en droit pour savoir si les Mutuelles exercent des missions de service public, fait indispensable pour que le délit de prise illégale d’intérêts s’applique, ou plutôt d’intérêt général. Mais cette enquête confirme en tout point ce qu’avait déjà montré une première enquête préliminaire, classée sans suite à Brest en 2017, avant que la procédure soit relancée par l’association anticorruption Anticor : Richard Ferrand s’est impliqué personnellement, et à de multiples niveaux, pour mener à bien l’opération immobilière contestée.

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