Accident mortel avec un gendarme alcoolisé en Isère : une enquête administrative ouverte

JFO021115BUne enquête administrative a été ouverte au sein de la gendarmerie après le carambolage mortel impliquant un militaire en Isère (photo d’illustration). | JEROME FOUQUET / OUEST-FRANCE

 

Une enquête administrative a été ouverte au sein de la gendarmerie après le carambolage mortel impliquant un militaire, la semaine dernière, près de Bourgoin-Jallieu (Isère).

« Nous allons regarder s’il y a eu faute ou manquement à l’éthique et à la déontologie », a précisé le colonel Yves Marzin, commandant le groupement de gendarmerie de l’Isère. Une enquête administrative a été ouverte au sein de la gendarmerie après le carambolage mortel impliquant un militaire de 35 ans, la semaine dernière, près de Bourgoin-Jallieu, en Isère. Le jour de l’accident, le gendarme au volant avait consommé de grandes quantités d’alcool avec d’autres militaires qui ne l’ont pas dissuadé de prendre le volant. La famille des victimes décédées – un couple de septuagénaires – s’en était indignée.

Le carambolage, qui a impliqué six véhicules, s’est produit mardi 26 février peu après 19 h sur une route nationale située à proximité de Bourgoin-Jallieu. Le prélèvement sanguin pratiqué sur le gendarme après l’accident avait révélé un taux de 2,54 grammes d’alcool par litre de sang. Dans sa voiture, se trouvaient trois passagers, sa fille de 8 ans, un autre gendarme et son fils de 11 ans.

Le militaire, en poste dans une brigade locale, et qui n’était pas en service au moment de l’accident, a été condamné jeudi en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis. Il a été écroué.

« Nous prendrons, s’il y a lieu, les sanctions nécessaires »

La procureure de la République de Bourgoin-Jallieu, Dietlind Baudoin, a dit comprendre que le choix de la comparution immédiate était difficile à accepter pour la famille des deux victimes : la procédure « va vite » et c’est « extrêmement violent » dans ces circonstances. Cependant, la magistrate assume son choix, alors que « les faits sont simples » et que « l’enquête a été extrêmement bien faite ». « Si j’avais voulu protéger la gendarmerie, j’aurais demandé l’ouverture d’une information judiciaire », affirme-t-elle.

La magistrate estime par ailleurs « qu’il n’y a pas en l’état de responsabilité pénale » des autres gendarmes amis du condamné. « Nous prendrons, s’il y a lieu, les sanctions nécessaires au niveau administratif. Celles-ci sont indépendantes des sanctions judiciaires » déjà prononcées, a ajouté, de son côté, le colonel Marzin.

L’avocat de la défense, Me Gabriel Versini-Bullara, a confirmé que c’était son client lui-même qui avait souhaité être jugé immédiatement alors qu’il avait la possibilité de demander un délai pour préparer sa défense. « La justice est passée concernant mon client », considère Me Versini-Bullara, ajoutant que son client n’envisageait pas de faire appel de sa condamnation.

 

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