Violences intrafamiliales : déjà 37 dossiers pour la nouvelle cellule de la compagnie de gendarmerie de Pontivy

Créée début février, la cellule de protection des familles de la compagnie de gendarmerie de Pontivy (Morbihan) cumule 37 cas de violences intrafamiliales (mineurs et conjoints).

img-5462-854x569L’adjudant-chef Pascal Clermontel pilote la cellule de protection des familles, nouvellement créée à la compagnie de gendarmerie de Pontivy (Morbihan). Six gendarmes spécialisés s’occupent uniquement des violences intrafamiliales sur mineurs et entre conjoints. (©Pontivy Journal )

La compagnie de gendarmerie de Pontivy (Morbihan), qui intervient du Faouët à Baud, en passant par Guémené-sur-Scorff et Locminé, s’est dotée d’une cellule de protection des familles depuis début février 2020. Six gendarmes spécialisés se consacrent uniquement aux violences intrafamiliales, que ce soit sur les mineurs ou entre conjoints. Une cellule spécialisée qui permet de suivre plus efficacement et résoudre plus rapidement les affaires. En 2019, 240 procédures avaient été engagées par les gendarmes de Pontivy pour des violences intrafamiliales.

37 procédures de violences intrafamiliales depuis le 1er janvier

240 procédures de violences intrafamiliales en 2019, suivies par la compagnie de gendarmerie de Pontivy. Des procédures atypiques gérées désormais par la cellule de protection des familles, créée le 3 février 2020 à Pontivy et pilotée par l’adjudant-chef Pascal Clermontel. Trois autres cellules ont été créées par les compagnies de Vannes, Lorient et Ploërmel, dans le département.

Depuis dix jours, nous avons accumulé 37 procédures de violences intrafamiliales. Nous avons repris les procédures engagées depuis le 1er janvier 2020, pour les intégrer à la nouvelle cellule. Sur ces 37 procédures, 21 concernent les mineurs : des viols, des agressions sexuelles, des violences, de la maltraitance, des signalements notamment faits par des établissements scolaires. Les 16 autres procédures concernent des viols, des menaces de morts, des violences sur conjoint.

Le constat est là. Dur, implacable. Quatre nouveaux dossiers ont atterri sur le bureau de l’adjudant-chef Clermontel en l’espace d’une matinée, mercredi 12 février 2020.

Les violences intrafamiliales prennent toutes les formes : cela va de la suspicion de bébé secoué au viol et à l’agression sexuelle sur mineur, deux cas suivis par la cellule pontivyenne. Pour les violences entre conjoints, le plus souvent, les victimes sont des femmes.

Six gendarmes spécialisés répartis à Pontivy, Baud, Guémené et au Faouët

Quatre femmes et deux hommes composent la cellule de protection des familles. Une équipe majoritairement féminine, pour mettre à l’aise les victimes de violences intrafamiliales, les mineurs et les femmes. D’ailleurs, le gendarmes de cette cellule peuvent aussi bien être habillé en civil qu’en tenue militaire.

Pour composer cette cellule, nous avons fait un appel à volontaires. Ce sont des militaires, officiers de police judiciaire, qui ont une sensibilité particulière pour ces faits de violences intrafamiliales. Ils sont formés spécialement pour ça, pour l’accueil des mineurs par exemple.

Ces six gendarmes de la cellule de protection des familles, dont l’adjudant-chef Clermontel, sont répartis sur l’ensemble du territoire de la compagnie de gendarmerie pontivyenne : deux à Pontivy, deux à la brigade Baud, un à la brigade de Guémené-sur-Scorff, un à la brigade du Faouët.

Sur le territoire, les violences intrafamiliales concernent plus Pontivy. Mais il y en a aussi ailleurs, en campagne : ça se sait moins, les victimes sont plus isolées, elles ne nous appellent pas forcément…

Le harcèlement scolaire aussi

Comme la nouvelle cellule s’occupe des mineurs victimes, le harcèlement scolaire lui est aussi attribué même s’il sort du cadre de la famille. Sa prévention reste du ressort de la brigade de Pontivy.

Nous avons eu un cas de harcèlement scolaire, qui s’est transformé en revenge porn : une jeune fille de 14 ans a avait envoyé un selfie dénudé à son petit copain. Il a diffusé la photo sur les réseaux, tout le monde l’a vue.

Au chevet des victimes hospitalisées

La cellule bénéficie de deux véhicules attitrés et d’un ordinateur portable pour aller au plus près des victimes de violences intrafamiliales. Même quand celles-ci sont hospitalisées.

Il ne faut plus perdre de temps, ne plus attendre que la victime sorte de l’hôpital pour porter plainte. La victime est plus encline à porter plainte tout de suite ; quand c’est plus tard, elle hésite plus à porter plainte, elle a peur des représailles, elle a trop réfléchi, tourné ça dans sa tête… Nous avons un partenariat avec un hôtel pour avoir des chambres dans le cadre d’un hébergement d’urgence.

« Avant chacun travaillait dans son coin »

Ce partenariat avec le Centre hospitalier du Centre-Bretagne, situé à Noyal-Pontivy, existe déjà avec la gendarmerie. Il va se concrétiser avec la signature d’une convention qui réunit tous les acteurs institutionnels (procureur de la République, sous-préfecture, gendarmerie, mairies…) et associatifs, pour créer un Contrat local de lutte contre les violences sexistes et sexuelles sur le territoire pontivyen.

Contrat annoncé en novembre 2019 lors du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance de Pontivy, et qui s’inscrit dans le cadre du Grenelle sur les violences conjugales lancé en septembre 2019 par Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat en charge de l’égalité femme-homme et de la lutte contre les discriminations.

Avant chacun travaillait dans son coin. Maintenant, on est tous partenaires, tout le monde se mobilise pour travailler ensemble. Ça va avancer plus vite. Nous avons désormais une relation privilégiée avec le vice-procureur de la République de Lorient, en charge des violences sur mineurs : il échange toujours avec les mêmes gendarmes. Chacun a désormais les mêmes interlocuteurs sur chaque affaire de mineurs. Cela crée une relation de confiance pour ces affaires délicates.

Des résolutions plus rapides

Dans la cellule de protection des familles, les six gendarmes se consacrent uniquement aux violences intrafamiliales. Ce qui permet une grande efficacité dans le suivi des enquêtes, dans leur résolution.

Depuis le 5 février 2020, nous avons plusieurs gardes à vue. Une pour violences sur conjoint avec convocation devant le tribunal correctionnel de Lorient. Une pour une mère qui frappait sa fille avec convocation devant la Maison de justice et du droit de Pontivy. Mardi soir 11 février 2020, un homme a été mis en garde à vue pour menaces de mort sur son ex-conjointe : il a été présenté au procureur et incarcéré. Il devait passer en comparution immédiate à Lorient, ce mercredi 12 février 2020. Une procédure d’éloignement d’urgence a été déclenchée dimanche 9 février 2020 après une plainte déposée à Baud pour violences sur conjoint.

Efficacité et rapidité de la cellule de protection des familles accentuées par les nouvelles directives du Parquet : « Pour les violences intrafamiliales, on n’a plus besoin de porter plainte pour ouvrir une enquête, on peut être saisi par le procureur de la République. Mais c’est toujours mieux d’avoir la plainte ».

Infos pratiques
Compagnie de gendarmerie de Pontivy, au 1 rue Julien-Guidard, à la caserne Clisson à Pontivy. Tél. :  02 97 25 00 75. N° d’urgence : le 17 ; n° d’urgence européen : 112.

Source : Actu.fr

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