Villejuif : le tribunal administratif annule la vente de l’ex-gendarmerie

Villejuif. Le tribunal administratif de Melun a annulé la vente du terrain de l’ancienne gendarmerie, propriétaire du département à la mairie. L’échange de cet immeuble contre des logements non encore construits pose problème.

Villejuif. Le tribunal administratif de Melun a annulé la vente du terrain de l’ancienne gendarmerie, propriétaire du département à la mairie. L’échange de cet immeuble contre des logements non encore construits pose problème. (LP/L. Mé.)

Le tribunal administratif de Melun a donné raison aux habitants… Début mai, l’achat de l’ex-gendarmerie de Villejuif par l’ancienne municipalité communiste a été annulé. Il est allé dans le sens de l’association des habitants et riverains du quartier Aragon : ils estimaient que la mairie ne pouvait pas racheter ce terrain au département en échange de la vente de logements qu’elles n’avaient pas encore construits dans la ZAC Aragon.

Selon le tribunal, le fait d’échanger des « logements ne figurant pas dans le patrimoine de la commune, non précisément identifiés, non identifiables », les délibérations municipales sont donc « entachées d’illégalité et doivent être annulées ».

Une visée électorale ?

Rappel des faits. Ce terrain, où était implantée l’ancienne gendarmerie, à l’angle de la rue de la Commune et du boulevard Maxime-Gorki, appartenait au département, mais la mairie souhaitait le racheter afin de le démolir et de le louer à l’Association des Musulmans de Villejuif. Objectif : y construire une mosquée. L’échange de logements s’élevait à près de 2 M€ pour la ville.

En février 2014, un bail emphytéotique de 99 ans avec un loyer « à l’euro symbolique » est alors voté entre la mairie et l’Association des musulmans de Villejuif. A la veille des élections, certains dénoncent une volonté de séduire la communauté musulmane que Claudine Cordillot, la maire PCF, se serait mise à dos. « Pendant des années, elle s’est opposée à la construction de la première mosquée Rachad, avenue Youri-Gagarine. Là, elle voulait se rattraper », fustige le conseiller municipal (EELV) Alain Lipietz. « Beaucoup ne voulaient pas que l’argent public finance une mosquée », confie un autre conseiller, de façon anonyme.

Dans un contexte religieux tendu, la proximité avec l’église copte pose aussi problème. Des arguments que réfute Claudine Cordillot. « J’ai voulu respecter la liberté de culte. Que les prières ne continuent pas à se faire dans les caves. »

Mais désormais, que va devenir le terrain ? Va-t-il revenir au département ? Car conséquence du jugement, le bail signé entre la ville et l’Association musulmane de Villejuif est annulé. Selon Franck Le Bohellec, « il y aura une saisine au niveau du juge des contrats pour que ce terrain reste à la ville ». Le maire, qui estime avoir toujours soutenu l’association du quartier Aragon, va cependant faire une proposition de terrain à l’Association des musulmans de Villejuif pour qu’ils aient enfin leur mosquée.

Source : Le Parisien

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