Tentative de perquisition chez Mediapart : « Du jamais-vu »

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Logo du site d’information en ligne Mediapart le 28 décembre 2016 (photo d’illustration).afp.com/Lionel BONAVENTURE

Dans le cadre d’une enquête ouverte pour atteinte à la vie privée d’Alexandre Benalla, le média a refusé une perquisition.

Un nouvel épisode dans l’affaire Benalla. Deux procureurs, accompagnés de trois policiers, ont tenté de perquisitionner Mediapart ce lundi en fin de matinée, dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet pour atteinte à la vie privée d’Alexandre Benalla et enregistrements illicites, a indiqué le journal en ligne sur son compte Twitter.

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Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » et sur les conditions d’enregistrement d’une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase fin juillet, après sa diffusion la semaine passée par Mediapart, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

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Le média en ligne a indiqué avoir refusé lundi matin une perquisition dans ses locaux, où s’étaient présentés deux magistrats du parquet et des enquêteurs qui voulaient saisir les enregistrements en question dans le cadre de cette procédure. « Il y a des diligences pour trouver nos sources, c’est une situation particulièrement inquiétante », a dénoncé Fabrice Arfi, co-responsable des enquêtes du journal en ligne.

Des enregistrements d’une conversation entre Crase et Benalla

Mediapart avait publié jeudi des extraits d’un enregistrement d’une conversation entre Alexandre Benalla, ancien conseiller d’Emmanuel Macron, et Vincent Crase, ex-employé de LREM et gendarme réserviste. Selon le site d’information, cette conversation a eu lieu le 26 juillet, quelques jours après que les deux hommes ont été mis en examen pour des violences sur des manifestants le 1er mai 2018 et en violation de leur contrôle judiciaire.

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La source judiciaire a précisé que l’ouverture de l’enquête préliminaire, qui vise également la « détention illicite d’appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d’interception de télécommunications ou de conversations », est intervenue à la suite de la réception par le parquet de Paris d’ »éléments », dont la nature n’a pas été précisée.

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Une source proche de l’enquête a ajouté qu’elle n’avait pas été déclenchée à la suite d’une plainte d’Alexandre Benalla. « Comme on est dans le cadre d’une enquête préliminaire, nous avons le droit de refuser une perquisition et nous l’avons donc évidemment refusée, en nous permettant de commenter cette situation inédite dans l’histoire du journal, et que nous considérons comme particulièrement grave pour le journal », a également expliqué Fabrice Arfi.

Mediapart contre-attaque

Lors d’une conférence de presse donnée cet après-midi, Edwy Plenel, le directeur de la publication de Mediapart, a affirmé qu’il avait été « convenu » de remettre les enregistrements audio et les éléments permettant de les authentifier « à une justice indépendante », avant de directement mettre en cause le procureur de la République de Paris. « Le procureur de Paris, nommé récemment, choisi par Monsieur Macron lui-même, a choisi de venir perquisitionner un journal », a-t-il ajouté.

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« À 11 h 10, un procureur assisté d’un deuxième procureur et de trois policiers, dont un commissaire divisionnaire de la brigade criminelle, sont venus frapper à la porte du journal en nous disant que c’était une perquisition, ce n’est jamais arrivé dans l’histoire de Mediapart », a ajouté Fabrice Arfi, coresponsable du pôle enquête du site.

Capture d’écran 2019-02-04 à 20.44.39« C’est du jamais-vu », s’est pour sa part indigné Emmanuel Tordjman, l’avocat de Mediapart. « Aucun policier n’est jamais venu à Mediapart pour demander des enregistrements. Et là, on vient, par surprise, perquisitionner dans les locaux », a-t-il expliqué.

Un arrière-plan politique à la perquisition ?

Fabrice Arfi a aussi mis en cause un deux-poids deux-mesures du ministère public. « Au lieu de se préoccuper du fond, le parquet de Paris s’empare de la forme, en arguant de la protection de la vie privée d’Alexandre Benalla. Alors qu’on parle d’une affaire d’État », a-t-il argué en conférence de presse, estimant que le parquet n’avait pas fait preuve de la même célérité lors de la perquisition au domicile d’Alexandre Benalla en juillet dernier.

« Nous nous interrogeons sur l’arrière-plan politique de la décision de mener cette perquisition, quand on connaît son motif », a aussi fait valoir Me Emmanuel Tordjman.

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Les enregistrements ont été transmis au juge d’instruction en charge des investigations sur les violences présumées du 1er mai, a par ailleurs annoncé la direction de Mediapart. « L’habillage dont se revêt le parquet de Paris n’a qu’un seul but : trouver les sources de Mediapart. Car la panique est forte au plus haut sommet de la République », a finalement conclu Fabrice Arfi.

Source : L’Express

[Conférence de presse] Affaire BENALLA : Perquisition chez Mediapart

Conférence de presse à Mediapart dans la foulée de la tentative de perquisition ce lundi matin dans nos locaux, dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet pour (notamment) atteinte à la vie privée de M.Benalla.

 

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