Tant qu’il y aura du vent !

drapeau-3-QuebecDe simples choses peuvent vous faire aimer un pays comme : des anecdotes, une bonne gastronomie, des vues à vous couper le souffle, des rencontres attachantes ou des histoires à revivre. Il en est d’autres, plus sérieuses, qui vous poussent à franchir les océans pour vivre avec vos valeurs. Le Canada et le Québec font partie de ces pays qui vous font sauter ce pas.

Pour ma part, ce qui m’a donné le plus d’émotions en parcourant ce pays (le Canada) et cette Province (le Québec) pour la première fois, il y a de cela vingt ans, c’était de voir flotter, tous les jours, les drapeaux de ces nations dans au moins 60% des jardins privés du monde rural. Là, je me suis dit : ils sont patriotes et n’ont pas peur de le montrer. Ils sont fiers de leurs drapeaux. Cela vaut certainement la peine d’aller partager quelques années avec ces peuples.

La France, à cette époque, commençait déjà à se faire peur en reniant doucement son histoire et sa culture.

Peu de temps après l’acquisition d’un chalet au bord d’un lac dans la forêt pour vivre en pleine nature, mon premier geste fut de planter un mât triple sur la pelouse face à l’eau. Il porte fièrement trois drapeaux. Au sommet, celui du Canada et à droite celui du Québec comme le veut la tradition et parce que je suis devenu binational. Sur la gauche, j’ai hissé un drapeau français frappé de deux pieds noirs qui symbolise mon pays natal perdu : l’Algérie française mais qui me rappelle aussi l’existence des mensonges et les lâchetés des états.

Ils flottent ensemble, côte à côte, tous les jours et toutes les saisons de l’année. Ils subissent ensemble la même bise glacée de l’hiver, reçoivent les mêmes premiers rayons du soleil printanier, la même chaleur humide et étouffante de l’été puis la même douce fraîcheur de l’automne.

Par forts vents et tempêtes je les descends tous les trois et les remonte aussitôt quand la bise se calme. Chaque matin, mon premier regard va vers eux car ils m’indiquent la force et la direction du vent. Fort appréciable dans ce type de pays ou l’on vit sans arrêt avec les conditions atmosphériques changeantes et brutales.

Dès qu’ils sont fatigués, je leur donne un repos bien mérité et les remplace par leurs semblables, tous neufs. Ils font partie de ma vie quotidienne.

Mais hélas ! je suis obligé constater que je vois de moins en moins de drapeaux flotter aux abords des maisons. Je n’en vois même presque plus. Y aurait-il moins de patriotisme ? Peut-être mais les habitations changent aussi de main et la quête du dollar, de la consommation et la progression des mouvements gauchistes font leur œuvre de destruction.

Bien sûr lors des fêtes nationales ou sur la route qu’empruntent les militaires tués au combat, pour rejoindre leur dernière demeure, les drapeaux sont là, bien présents mais pour des instants bien éphémères.

Alors, faudra-t-il, comme au Liban ou aux États-Unis, ou ailleurs, là les peuples souffrent, que l’on attende une catastrophe pour ressortir de la naphtaline ces symboles de vie, ces symboles de fierté, ces symboles d’existence afin de reconquérir les plus belles options qui s’offrent à nous et que nous devons défendre au péril de notre âme :  la liberté de penser sans contrainte, la liberté de vivre sur son territoire sans danger, la liberté d’aimer, la liberté de fonder et de protéger sa famille…tout simplement.

 

Patrice Sautereau du Part

Correspondant VPF Québec- Canada

Source : Volontaires Pour la France

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