Réforme des retraites : Emmanuel Macron joue la fin de son quinquennat

Incarnant la réforme des retraites, le chef de l’Etat joue sa capacité à poursuivre les réformes pour les deux dernières années de son quinquennat, mais aussi la présidentielle de 2022.

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La contestation contre la  réforme des retraites, qui démarre ce jeudi par  un mouvement social d’une ampleur inédite , met Emmanuel Macron au pied d’un mur. Il s’était remis de la crise des « gilets jaunes » grâce au grand débat. Il doit franchir le mur de cette nouvelle contestation pour appréhender au mieux la suite de son quinquennat. En jeu : son aptitude à continuer les réformes pendant les deux dernières années utiles du quinquennat et sa capacité à se représenter - et à gagner - en 2022.

La réforme des retraites, c’est Emmanuel Macron. Elle figurait dans son programme présidentiel et elle est emblématique du « macronisme », sur le fond (mise en place d’un système unique) comme sur la forme choisie pour l’acte II du quinquennat. Le chef de l’Etat la porte, comme il l’a fait  en octobre lors d’un débat à Rodez , et il n’a de cesse de réaffirmer sa détermination et sa volonté d’aller jusqu’au bout. Les décisions stratégiques se prennent à l’Elysée.

Mandat « clair » à Edouard Philippe

La semaine dernière, Emmanuel Macron a certes donné un  « mandat clair » à son  Premier ministre, Edouard Philippepour mener à bien cette réforme, comme un rappel des fondamentaux de la Ve République. Les ministres concernés sont sommés de monter en première ligne dans les médias et de faire baisser la tension dans leurs secteurs respectifs,  comme Jean-Michel Blanquer à l’Education , sans grand succès pour l’instant.

Il n’empêche, le président français sera seul comptable de l’issue de la grogne sociale. « Vis-à-vis de l’opinion, cette réforme est incarnée par Emmanuel Macron, et par personne d’autre que lui. C’est le tournant du quinquennat. Il peut en sortir gagnant s’il apporte les bonnes solutions, mais il peut aussi perdre la bataille », prévient le politologue Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof. Emmanuel Macron doit préserver l’essentiel de la réforme et éteindre la contestation. Sans doute le « en même temps » le plus délicat à mener depuis le début du quinquennat. « Nous vivons un moment important du quinquennat. Il y a eu un avant et un après  »gilets jaunes », il y aura un avant et un après réforme des retraites », analyse un ministre

Contestation au-delà de la réforme

Au sein du gouvernement comme au sein de la majorité, l’inquiétude est palpable, même si la volonté de mener cette réforme au bout est partagée. Les violences liées au mouvement des « gilets jaunes » sont encore dans tous les esprits. La contestation qui démarre ce jeudi va bien au-delà du seul rejet de la réforme des retraites. Elle prend une nouvelle dimension en agrégeant tous les « anti-macronistes ». Ils se retrouvent sur le même terrain avec la ferme intention de faire reculer le locataire de l’Elysée, voire de le faire trébucher.

Les « gilets jaunes » espèrent faire un retour, les syndicats présentent un front uni et entendent prendre une forme de revanche après avoir été mis de côté au début du quinquennat. Dans « Le Monde », 180 intellectuels et artistes ont apporté leur soutien à la grève pour s’opposer aux « offensives d’un gouvernement néo-libéral et autoritaire ».

« Je souhaite que Monsieur Macron connaisse un échec », a lancé Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, mercredi sur France 2. De son côté, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, appelle à un référendum,  les yeux déjà rivés sur 2022« Les problèmes ne sont pas réglés par une manifestation, ils sont réglés par le vote », a-t-elle insisté mardi sur BFMTV. Le bras de fer est lancé.

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