Protection des personnalités : le policier soupçonné de radicalisation dénoncé par son service ?

INFO LE POINT. Évincé après des soupçons de consultation de sites djihadistes, le brigadier paie-t-il le fait d’avoir pointé du doigt des dysfonctionnements ?

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Il a protégé Benjamin Netanyahu et son épouse. Plus récemment, il faisait partie de l’équipe en charge de la protection de Riss, actuel patron de Charlie Hebdo, et auparavant de rabbins menacés. Ce policier du Service de la protection (SDLP), service chargé de la sécurité de personnalités sensibles, a été promu brigadier en 2017, grâce à de bons états de service, l’administration l’ayant dispensé de passer le concours. L’agent a toujours été très bien noté. Lors de l’attentat de novembre 2015 au Stade de France, il avait été félicité par sa hiérarchie pour avoir pris l’initiative de monter un périmètre de sécurité. Plus récemment, il a sauvé un homme qui menaçait de se défenestrer, action pour laquelle il a reçu la médaille du courage. Malgré ce pedigree, le policier a été évincé du SDLP. Selon les informations de BFM TV, il est soupçonné d’avoir consulté des sites djihadistes et de s’être radicalisé.

En réalité, la direction du SDLP, menée par Frederic Auréal – qui a été mis en cause par Alexandre Benalla dans son audition devant les juges d’instruction –, a distillé des éléments à charge aux médias. Elle a d’ailleurs reçu lundi matin un courrier de la part de l’avocat du mis en cause, contestant son retrait d’habilitation et son éviction du service. En effet, ce policier n’est pas mis en cause, car il aurait consulté des sites djihadistes. La réalité est tout autre. Comme nombre de ses collègues (ou des journalistes, notamment) qui s’intéressent au terrorisme, il a reçu une vidéo de propagande djihadiste qu’il a partagée en circuit fermé dans le groupe Whats’app, auquel il participe avec ses collègues. La DGSI n’a pas intercepté cette vidéo, mais sa diffusion a été dénoncée par des destinataires de cette conversation Whats’app. Serait-ce une vengeance ?

On sait que le policier aujourd’hui mis en cause avait précédemment évoqué de nombreux dysfonctionnements, notamment au sein de l’équipe de protection de l’imam Hassen Chalghoumi, connu comme l’imam de Drancy. Une équipe dont il faisait partie. «  Les retraits d’habilitation, c’est une méthode pour virer des fonctionnaires pour pas cher  », estime une source au sein du renseignement. Il y a trois semaines, le jour du retrait de son habilitation, le brigadier a reçu des menaces de sa direction lui intimant de ne pas faire de recours. Coïncidence ?

Source : Le Point

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