Patrice Rzepczyk, gendarme jusqu’au fond de ses tripes s’est donné la mort

Vu sur Armée-Média, un hommage à Patrice alias « BOB »

Profession-Gendarme en profite pour remercier l’Association Gendarmes et Citoyens de la célérité avec laquelle elle a publié son communiqué nous permettant ainsi d’être très rapidement informé du décès de notre camarade.

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Patrice Rzepczyk, gendarme jusqu’au fond de ses tripes s’est donné la mort, seul au fond d’un bois, à Collombey les Deux Eglises, la semaine dernière, la semaine avant Noël.

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Mais qu’est-ce t’as donc foutu Patrice ?
T’es sur que t’avais le droit de partir comme ça ?
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Ce n’est pas aujourd’hui que je vais te blâmer, mais tu dois comprendre notre colère, colère qui se dirige contre nous plus que contre toi. Que n’a-t-on pas vu ? On n’a pas su être là ! On n’a pas su te tenir la main dans un moment difficile. Chacun ses petites vies, ses petites emmerdes égoïstes, et toi, qui marchait toujours à côté de nous, tu as changé de chemin sans qu’on s’en rende compte.
Tu étais là, personne ne se posait de question, Patrice était là, comme une évidence, il accompagnait nos pas suivi par son gros toutou qui nous distribuait de grandes « léchouilles » en nous regardant droit dans les yeux. Tu sais, ces léchouilles qui te faisaient rire à grand éclats de voix. Ton toutou nous distribuait ton amitié la réserve en moins. La chaleur on l’avait en t’embrassant et te serrant la main. Celle là ne pouvait échapper à personne. Là tu ne pouvais cacher ton cœur gros comme une montagne.
Je suis mal pour parler de toi, Patrice. Tu n’aimes pas ça, je sais, mais comment faire, on va te laisser partir dans la discrétion que tu cultivais?  Faudra encore une fois me pardonner.
Je sais aussi que tu comptes sur moi pour dire la vérité. Au fond je la devine mais ne la connais pas, la vérité. Et si je veux bien me taire sur ta vie privée, je ne peux laisser tout dire.
T’as vu, l’AGC a fait un communiqué annonçant ton geste ? Quelques mots froids, un entrefilet où l’on devine une gêne diffuse que personne ne peut comprendre. J’entends ton rire à la lecture de ces cinq lignes. Alors tu aurais quitté l’association pour des raisons personnelles !!!!! Je sais que tu m’aurais appelé comme tu le faisais quand quelque chose te contrariais pour que je fasse quelques modestes lignes pour rétablir la vérité.
Téléphone :
-        Allo Jacky, c’est Bob !
-        Salut Pat, quoi de neuf ?
-        T’as vu ces cons ?
-        Non !
-        Ils ont fait un communiqué et on trouvé le moyen d’y glisser une connerie, mais ça m’étonne à peine !! ( grand rire )
-        Laisse tomber, Bob. Pas de temps à perdre, puis ils sont mal en ce moment, on tire pas sur une ambulance
-    Oui mais quand même, tu leur dis que j’ai quitté l’association parce que je ne voulais pas rester avec eux et que leurs « raisons personnelles », ils seraient pas fier si je les exposais.
-        Tu le fais toi même, Patrice, je ne veux pas me mêler de ces embrouilles qui n’intéressent que quelques initiés.
-        Oui Jacky, je prépare un truc, mais tu me reliras, tu sais que je suis pas très fort pour écrire.
-        De la timidité, de la discrétion, rien d’autre Bob, tu es trop timide, c’est tout. 
-        Je te demande un service !!!!
-        OK
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C’est fait Patrice, service minimum, mais fait quand même.
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En général, Patrice m’appelait le samedi après-midi pour me parler de sa gendarmerie, pour me décrire celle qu’il vivait et ne supportait pas les injustices. Son dernier appel concernait des gendarmes adjoints qui n’étaient pas traités comme il aurait aimé qu’ils le soient. Ce qui le mettait le plus en colère, c’était la distribution des primes au mérite qu’il me décrivait comme au mieux hasardeuses, au pire scandaleuses.
De lui, il parlait peu. De ses rapports avec sa hiérarchie il m’en confiait quelques bribes, mais il était tellement convaincu qu’il ne comptait que si peu qu’il préférait s’occuper des autres.
Là je ne te trahirai pas.
Mais, au fond d’un bois, seul avec ton désespoir, tu es parti dans la discrétion, tu as choisi de faire le moins de bruit possible, le moins de dégâts possible autour de toi.
Les gens qui ne te connaissaient pas savent aujourd’hui qui tu étais.
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On a beaucoup de peine, Bob.
On s’en veut, Bob.
Pardon Bob.
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Source : Armée-Média

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