Ne désarmons pas nos DROM-COM

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« La France est la dernière puissance du monde sur laquelle le soleil ne se couche jamais »[1].

 

Ses « confettis d’Empire », selon l’expression de Napoléon, sont éparpillés sur plus de 11 millions de km² dans trois océans et, en 2012, un rapport du Sénat estimait qu’ils constituaient « une contrainte de moins en moins compatible avec nos finances publiques ».

Mais c’est précisément parce que la France conserve une capacité à exercer sa souveraineté et son influence sur ses possessions ultramarines qu’elle mérite d’être qualifiée de puissance mondiale. Cette souveraineté, elle l’exerce d’abord au moyen du dispositif militaire qui s’y trouve et qui constitue, de surcroît, l’un des principaux vecteurs des relations DROM-COM / Métropole.

Or, au cours de la précédente loi de programmation militaire (2008-2013), les effectifs militaires stationnés Outre-mer ont été réduits de 22%, réduction à laquelle s’est ajoutée celle des matériels. Cet été, le chef d’état-major de la Marine regrettait devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale qu’il n’y ait plus que quatre patrouilleurs pour l’ensemble de nos territoires d’Outre-mer au lieu de huit précédemment, et précisait qu’en 2021 il n’y en aurait plus que deux. Deux patrouilleurs, c’est le besoin qu’il estimait nécessaire pour chacun des territoires.

En cette période de disette budgétaire où les armées se trouvent contraintes à faire des choix et à fixer des priorités, le risque est grand de les voir rogner encore sur leur dispositif Outre-mer. Or, comme le rappelle le dernier Livre blanc sur la Défense : « La mission première des armées est d’assurer la protection de la Nation contre toute menace de nature militaire. Elles assurent en permanence la sûreté du territoire, de l’espace aérien et de nos approches maritimes. » En conséquence, notre territoire ultramarin doit bénéficier de la même attention puisqu’il est tout autant « national ».

Sur ces territoires, nos armées doivent donc être en mesure d’exécuter les missions « classiques » de défense et de sécurité comme la protection de nos ressortissants, la participation à la préparation opérationnelle des modules tournants qui viennent compléter les forces permanentes ou l’intervention de première urgence lors de catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes comme l’a démontré le cyclone Irma de septembre 2017. En outre, en cas de menace de nature étatique (toujours possible car  ces territoires sont des îlots de relative prospérité au milieu d’ensembles qui le sont moins) nos DROM-COM constituent des points d’entrée pour la mise en œuvre rapide des moyens adaptés et des plateformes de projection.

Mais s’ajoutent aussi des missions spécifiques liées à des problématiques régionales comme :
- dans les Caraïbes : la lutte contre de nombreux trafics dont celui des stupéfiants ;
- en Guyane : la lutte contre l’orpaillage clandestin et la protection du centre spatial et des frontières ;
- à Mayotte : la lutte contre  l’immigration clandestine ;
- dans l’Océan Indien : la lutte contre la piraterie et le brigandage.

On pourrait ajouter à tout cela que dans les DROM-COM, les forces de souveraineté contribuent à la cohésion nationale et concourent à l’activité économique et à la politique de l’emploi, en particulier par le biais du service militaire adapté.

La France possède à travers ses DROM-COM et le dispositif militaire qui s’y trouve un atout qui lui permet de rester bien placée dans la course à la puissance. Si les moyens consentis sur ces territoires venaient, comme le suggéraient les sénateurs, à se réduire encore, cela constituerait une rupture et les missions allouées ne pourraient plus être exécutées.

Il faut cesser de désarmer la France y compris dans ses territoires d’Outre-mer.

[1] Jacques Attali- Urgences françaises-2013

LA REDACTION de l’ASAF

Source : ASAF

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