Mort de George Floyd : Derek Chauvin, un policier au passé sulfureux

L’ex-policier de Minneapolis, directement impliqué dans la mort de George Floyd, cet Afro-Américain asphyxié lors de son arrestation le 25 mai, aurait fait l’objet de 18 plaintes, quasiment toutes classées.

ELL5EEVBYFFKIUFCOVG4EDWBHQDerek Chauvin a été inculpé vendredi 29 mai de «meurtre au 3e degré» (homicide involontaire) et «d’acte cruel et dangereux ayant causé la mort». REUTERS

Un lit scellé au sol et un oreiller cousu au lit. Dans la cellule où Derek Chauvin est enfermé à l’isolement, dans l’aile de la prison de Saint-Paul (Minnesota) réservée aux « détenus médiatiques », rien ne doit pouvoir aider un prisonnier à mettre fin à ses jours. Aucune tendance suicidaire n’aurait été détectée chez l’ex-policier de Minneapolis directement impliqué dans la mort de George Floyd. Mais les autorités ne veulent pas prendre le moindre risque. Comme l’a révélé le site américain TMZ, l’homme de 44 ans fait l’objet d’une surveillance non-stop avec un contrôle toutes les 15 minutes.

Les minutes, justement. Elles risquent de peser lourd dans l’avenir judiciaire de Derek Chauvin, licencié le 26 mai et inculpé vendredi 29 mai de « meurtre au 3e degré » (homicide involontaire) et « d’acte cruel et dangereux ayant causé la mort » (passibles d’un maximum de 35 ans de prison). Selon un décompte précis effectué par plusieurs médias américains, le policier aux dix-neuf années de service à Minneapolis serait resté pendant 8 minutes et 46 secondes le genou sur le cou de Georges Floyd. Une éternité, dont, élément accablant, 2 minutes et 53 secondes à maintenir cette position après les derniers paroles prononcées par l’Afro-Américain de 46 ans, se plaignant de ne pas pouvoir respirer.

Impliqué dans trois fusillades

Si les premiers éléments de l’autopsie qui ont filtré mettent en avant des problèmes de santé sous-jacents de la victime, le geste du policier semble bien à l’origine du décès. Retenir un suspect ainsi est « intrinsèquement dangereux ». L’enquête ne fait que commencer, mais le passé de l’ancien flic resurgit. Selon CNN, Derek Chauvin a fait l’objet de 18 plaintes. Seize ont été classées, deux ont abouti à de simples lettres de réprimande.

Le policier déchu a été impliqué dans trois fusillades. En 2006, il faisait partie des six agents liés à la mort d’un homme de 42 ans, abattu après avoir – selon les agents – tiré au fusil de chasse sur eux, dont Chauvin. Deux ans plus tard, ce dernier a blessé par balle un suspect lors d’une intervention pour violence domestique. Un comportement qui lui a valu une médaille de bravoure. Enfin, courant 2011, un jeune homme de 23 ans a été blessé pendant une course-poursuite avec une patrouille, dont Derek Chauvin. Son travail de flic, qu’il ait été trouble ou récompensé, va être passé au crible.

Sa femme a demandé le divorce

Depuis que la vidéo de l’arrestation brutale et mortelle a fait le tour du monde, Derek Chauvin incarne les violences policières visant les Noirs aux Etats-Unis. Une image intolérable pour ses proches. D’après des médias locaux, son épouse aurait engagé une procédure de divorce, « dévastée par la mort de M. Floyd » dont elle a assuré la famille de toute sa compassion. Une famille à cran elle aussi.

VIDÉO. Quatre policiers limogés après la mort d’un Noir Américain lors de son interpellation

« Je veux la justice », a dit au téléphone Philonise Floyd à Donald Trump, le frère de la victime affirmant que l’appel du président fut si rapide qu’il n’a pas pu parler. Comme beaucoup de manifestants, il réclame l’inculpation de Chauvin pour meurtre, et des poursuites contre les trois autres policiers présents lors de l’interpellation : Tou Thao et deux collègues qui étaient apparemment en période probatoire.

Le premier (6 procédures contre lui dont 5 classées) a été inquiété pour usage excessif de la force avec un suspect au point de lui casser plusieurs dents. Le litige s’est conclu à l’amiable en 2017 avec un versement de 25 000 dollars. Ces trois agents, également licenciés, devaient faire l’objet d’accusation, selon le procureur qui gère l’enquête.

Source : Le Parisien

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