L’étrange prophétie de Clément Frison-Roche, l’un des 13 militaires tués au Mali

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Le capitaine Clément Frison-Roche avait écrit ce poème en 2014. ALAT

Après le crash de son hélicoptère qui lui a coûté la vie ainsi qu’à ses camarades, l’un de ses poèmes a refait surface… Le capitaine y parle du manque de reconnaissance de la France et des Français pour les soldats. Un texte presque prémonitoire.

Un texte poignant, des mots bouleversants d’autant plus après le drame : « Toi France, ingrate mère à la parure ternie » (…), « Et s’il m’advenait un jour de périr en ton nom » (…), « France, ma France, qu’as-tu fait de ta reconnaissance ? ».

Le capitaine Clément Frison-Roche fait partie des treize soldats français morts lors d’un accident d’hélicoptères au Mali, avait écrit ses phrases en 2014. Un poème composé de douze strophes, intitulé « Pour que vive la France » qu’il avait été publié à l’époque dans la revue des élèves de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr.

Et ses mots composés à l’époque sont presque prémonitoires. Et le texte exprime surtout le manque de reconnaissance de la France et de sa population envers les militaires.

Plusieurs hommes politiques ont relayé le texte sur les réseaux sociaux, comme Eric Ciotti :

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Les obsèques du jeune homme qui allait avoir 28 ans, se dérouleront ce mercredi 4 décembre à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne, somme le souligne La Dépêche du Midi.

Le poème « Pour que vive la France » de Clément Frison-Roche

« Ainsi, toujours poussés vers une étrange quête
Nos pères s’en allaient-ils bravant la destinée,
Tantôt l’air abattu par le poids des conquêtes,
Tantôt l’air guilleret de leurs jeunes années.

Sur les champs de bataille, côtoyant la laideur,
Ils connaissaient la vie et ses plus tristes heures.
Pas un ne regrettait mais tous avaient au cœur
Ce que signifiait mourir au champ d’honneur.

Du plateau de Pratzen où la brume se fane,
Des tranchées de Verdun aux rizières du Tonquin,
Par-delà le Djebel et les vallées afghanes,
La souffrance et la peur étaient leur quotidien.

Mais pour que vive la France et la gloire de son nom,
Ils portèrent au front son prestigieux emblème,
Et subissant l’affront jusqu’à celui suprême,
Ils tombèrent en héros sous le feu des canons.

Les yeux levés au ciel implorant le pardon,
Leurs corps meurtris exhibait une douleur extrême,
Et dans l’ultime soupir sur leurs visages blêmes,
Leurs lèvres murmuraient ce cantique moribond:

« Oh tendre France, douce gardienne de mon baptême,
Prenez ici ma vie, je vous en fais le don,
Veillez sur ma famille et tous les gens que j’aime,
Et rendez je vous prie mon sacrifice fécond… »

Toi France, ingrate mère à la parure ternie,
Laisseras-tu leurs cris se perdre dans la nuit ?
Ils t’ont donné leur cœur, ils t’ont donné leur vie,
N’est-ce pas révoltant que nul ne les envie ?

À tes illustres fils tombés pour la patrie,
Plutôt que souvenir tu préfères l’oubli,
À tes jeunes enfants disparus aujourd’hui,
Plutôt que bienveillance tu préfères le mépris.

Qu’adviendra-t-il de nous ta jeune génération ?
Parmi les injustices de tes institutions,
Et le désintérêt de ta population,
Ne saurons-nous jamais où part ton attention ?

Quel sort réserves-tu à ceux qui serviront ?
Nulles considérations, seules quelques concessions !
Pourtant tu le sais bien, nous qui te chérissons,
Nous ne demandons rien qu’un peu de compassion !

Et s’il m’advenait un jour de périr en ton nom,
Ce serait avec foi mais non sans une question,
Pour que revive France et la gloire de son nom,
Je te lancerais sans haine ce dernier affront,

Tandis que mon chant du cygne, funeste merveille,
Pareil au flot gémissant de mon sang vermeil,
Fera couler ces mots aux milles résonances:
« France, ma France, qu’as-tu fait de ta reconnaissance ? »

Source : Midi Libre

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