Les « bons sentiments »​ ne doivent pas toujours l’emporter

0Etat islamique

Par :

Bertrand SOUBELET

Bertrand SOUBELET

Président BS Consulting

Depuis quelques jours les commentaires sur la condamnation à mort en Irak des djihadistes détenteurs de la nationalité française fleurissent sur les medias. Un collectif d’avocats se mobilise également pour tenter d’infléchir le verdict de la justice irakienne.

La presse fait état d’un embarras supposé de l’Etat français au regard de cette décision de justice.

Je crois qu’en réalité cette agitation relève d’une véritable incompréhension sur le sens profond de cet épisode.

Tout d’abord ces jeunes ont fait un choix. Ils ont délibérément choisi de renoncer à la France en enfreignant la loi pour rejoindre les zones de combats. Ils l’ont décidé de leur plein gré en faisant allégeance à une organisation terroriste qui a déclaré la guerre à la démocratie, aux principes qui fondent notre civilisation et commis des attentats qui ont couté la vie à près de 250 de nos compatriotes.

En participant activement aux opérations de guerre et aux massacres ordonnés par DAECH ils ont tué des soldats et assassiné des civils, femmes et enfants sans discrimination.

Ils ont été faits prisonniers par un Etat souverain, l’Irak, sur le territoire duquel se sont déroulées un bonne partie de ces exactions.

Ils ont été jugés pour crimes de guerre selon la loi nationale dans un contexte post-guerre. Le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a déclaré à l’Assemblée Nationale le 29 mai dernier que les procès s’étaient déroulés de « manière équitable ». Les accusés ont bénéficié d’une défense et de l’assistance des autorités consulaires françaises.

Il n’y a donc aucun commentaire ni appréciation à faire sur les verdicts.

Il s’agit de crimes de guerre commis « en temps de guerre » par des combattants volontaires.

Les raisonnements de temps de paix et de justice de droit commun ou « ordinaire » ne s’appliquent pas ici. Ils sont totalement inadaptés et décalés. Et les théories des cercles intellectuels qui ont fait de nous un peuple faible qui excuse et accepte tout depuis 50 ans sont anachroniques.

La guerre produit la mort. Cela n’est pas une idée, c’est une réalité que certains ne veulent pas affronter.

Nos modes de pensée nous conduisent à ne pas provoquer la mort ni à la donner de manière légale mais d’autres Etats en certaines circonstances appliquent des règles différentes.

Quelles que soient nos opinions nous devons respecter ceux qui agissent différemment.

En effet, accepterions nous qu’un Etat vienne faire des remarques sur l’application de la loi pénale française pour des faits criminels commis par un étranger sur notre territoire?

Les réactions indignées seraient vives…

Ces jeunes gens ont fait un choix. Ils sont allés donner et chercher la mort en terre de djihad et se sont conduit en criminels.

Ils ont de facto choisi leur tribunal. Il n’appartient à personne d’essayer de modifier les conséquences de leurs actes.

Quant à ceux qui essaient de faire porter la responsabilité de ces verdicts sur la France en raison d’une pseudo obligation de les rapatrier pour les juger ils se fondent sur une analyse juridique erronée et se livrent à une manœuvre abjecte. Elle foule aux pieds le principe de souveraineté des Etats mais également l’impérieuse nécessité de protéger les Français en évitant le retour de tels criminels sur notre territoire.

Source : Linkedin.com

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