Le Nord, site pilote pour des gendarmes ultra connectés

Depuis septembre 2015, les gendarmes du Nord expérimentent Néogend. 1200 militaires sont équipés de smartphones et de tablettes pour être plus opérationnels lors du contrôle des flux. Cette expérimentation est vouée à ne plus en être une : d’ici à quelques mois, toutes les unités devraient en être équipées. Plusieurs millions d’euros ont été alloués à cette opération cette année.

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Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, était attendu ce mardi matin, au péage de Thun l’Evêque. Il devait y retrouver les grandes figures de la gendarmerie, comme le général Denis Favier, le commandant du groupement Nord Philippe Mirabaud, mais aussi les hommes de terrain, tout acquis qu’ils sont, depuis l’état d’urgence, aux contrôles des flux. Mais le ministre, dépêché à une réunion avec les chauffeurs de taxis parisiens, n’est pas venu. Dommage. À cet endroit soumis aux va-et-vient des véhicules, « j’aurais voulu qu’il voie votre travail », dira le général Favier à ses hommes. L’idée était aussi qu’il apprécie toute l’utilité d’un projet dont le département est pilote, Néogend.

Depuis septembre 2015, tous les officiers et sous-officiers de la gendarmerie du Nord, soit environ 1200 hommes, sont équipés de tablettes ou de smartphones, leur permettant d’accéder en tout temps et en tout lieu à leur messagerie, d’interroger des fichiers, d’authentifier des cartes d’identité…

Depuis septembre 2015, 23 000 contrôles ont été menés de la sorte, en plus des 20 000 opérés de façon traditionnelle. « Nous pouvons contrôler des cartes d’identité sans saisie manuelle. Avec ce dispositif, je considère que nous avons multiplié par trois notre capacité de contrôle. Les gendarmes sont plus autonomes. Le gain de temps est considérable ». Le colonel Philippe Mirabaud, commandant du groupement Nord, est celui qui a impulsé ce projet. Il y travaillait avant son affectation au département du Nord. « Quand j’ai été nommé, j’ai ramené le projet dans mes cartons ».

« Une nouvelle forme de proximité »

D’ici à quelques mois, le projet – mené en liens avec la police nationale – ne sera plus seulement expérimenté, mais généralisé à d’autres départements : la Bourgogne en sera équipée en 2016. Suivra l’ensemble des unités du territoire. Plus de 13 millions d’euros seraient budgétés à cette tâche, rien que pour l’année 2016. « C’est une nouvelle forme de proximité », insiste la gendarmerie. Et un outil évolutif : de nouvelles applications l’enrichissent régulièrement, comme le suivi des inscrits à l’opération tranquillité vacances. « L’idéal, à terme, c’est que le gendarme puisse prendre les plaintes aux domiciles avec Néogend. »

Salah Abdeslam, « On l’a gardé une demi-heure avec nous »

Cette nouvelle forme de proximité était en application le 14 novembre, lorsque Salah Abdeslam, soupçonné d’avoir participé aux attentats de Paris, a franchi la barrière de péage. Les gendarmes étaient dotés d’un smartphone ultra-connecté : mais il est passé. « Oui, il a été contrôlé. Il était connu pour d’autres faits, de droits communs. On l’a mis de côté, on a attendu que les autorités qui l’avaient inscrit, en l’occurrence, les autorités belges, nous disent ce que l’on devait faire avec lui, rappelle le commandant Mirabaud. On l’a gardé une demi-heure avec nous. » Mais à 9 h 10, heure du contrôle, « il n’était pas encore rattaché aux attentats ». « L’outil n’a pas été défaillant. Et les gendarmes ont utilisé toutes les fonctionnalités de l’outil, puisqu’ils ont pris en photo les papiers de Salah Abdeslam. Ce qui nous a permis de montrer aussi qu’ils avaient bien travaillé. »

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