Le général Lambert Lucas quitte la Guyane

Le général Lambert Lucas quitte la Guyane
Le général Lambert Lucas quitte le département ce week-end (BD)

Le général de brigade Lambert Lucas, 57 ans, est le nouveau commandant de la gendarmerie d’Outre-mer. Arrivé en Guyane le 1er août 2013, il dresse un bilan de trois ans passés à la tête des gendarmes du département. C’est le général Patrick Valentini, l’actuel commandant en second de la gendarmerie d’Outre-mer, qui sera le nouveau patron des gendarmes de Guyane.

Quel bilan faîtes-vous en matière de sécurité ?
Je laisse un bilan positif, notamment dans l’ensemble des domaines dont la gendarmerie avait la responsabilité. En ce qui concerne la lutte contre l’orpaillage illégal, nous avons, sur ces deux dernières années, divisé par deux le nombre de puits actifs. Ils sont passés de 500 à 200. On a réduit le nombre d’orpailleurs illégaux en forêt, qui était de presque 10 000 et qui se situe aux alentours de 6 000 aujourd’hui.
Pourquoi n’êtes vous pas parvenu à descendre davantage encore ces chiffres ? Vous avez manqué de moyens ?
L’éradication, concernant tous les phénomènes de délinquance, est un but pour lequel il faut tendre. Malheureusement, malgré l’action des uns et des autres, malgré l’engagement des forces de sécurité, avec l’appui de la population, on aura toujours une partie de la délinquance contre laquelle on ne pourra pas lutter.
Les trois compagnies sont situées dans un fort bassin de délinquance…
À la compagnie de gendarmerie de Kourou, en 2012 il y avait des manifestations contre l’insécurité. Aujourd’hui, la tendance est inversée et on ne parle plus de sentiment d’insécurité. Il y a eu un véritable succès dans cette zone de sécurité prioritaire en matière de contrôle des phénomènes de délinquance ; mais la situation doit être surveillée notamment en matière de délinquance des mineurs.
En ce qui concerne Saint-Laurent du Maroni, nous avons une orientation favorable de la délinquance. Nous portons un projet de mis en place d’une zone de sécurité prioritaire. Le taux de criminalité reste modeste dans cette compagnie. On a 55 crimes et délits pour 1 000 habitants, ce qui correspond à la moyenne nationale. II y a une situation à surveiller particulièrement eu égard à l’augmentation de la population, L’Île de Cayenne, c’est un bassin particulier avec une zone police pour Cayenne et la gendarmerie sur Rémire-Montjoly et Matoury. Dans ce bassin, dont dépend la compagnie de Matoury, les taux de criminalité sont supérieurs à la moyenne nationale. Pour juguler ces mauvais chiffres, on a développé les coopérations entre la police et la gendarmerie. Il y a eu la mise en place d’une cellule anticambriolage commune. Toutes les opérations organisées sont effectuées conjointement. Nous sommes arrivés à un niveau d’interopérabilité intéressant en développant les complémentarités avec tous les services en charge de la sécurité publique.
Reconnaissez-vous un échec sur le terrain de la délinquance des mineurs ?
En Guyane, il y a beaucoup de mineurs délinquants, notamment dans les faits d’appropriation, de vols à l’arraché, de voitures et de cambriolages. La gendarmerie est le réceptacle de cette délinquance juvénile. La gendarmerie s’est engagée dans ce domaine avec la brigade de la prévention de la délinquance juvénile, ainsi que les municipalités, pour essayer de trouver des solutions, en participant à la signature de la convention Évidence avec le rectorat. Les solutions passeront aussi avec l’engagement des parents.
La délinquance des mineurs est aussi liée au décrochage scolaire. 40% des jeunes sortent du système sans qualification. Il y a 30% d’illettrisme dans certaines catégories de mineurs. On dénombre 50% de femmes illettrées dans certaines communautés. Le monde associatif doit prendre sa place sur ce problème de société. Il n’y a pas suffisamment d’engagement associatif, avec des gens qui vont donner bénévolement leur temps. Le monde associatif doit s’engager en s’ouvrant aux autres et prenant des initiatives. C’est un effort collectif qu’il faut conduire et la gendarmerie a pris et prendra toute sa place dans ces dispositifs de prévention et de répression.
Où avez-vous échoué ?
Tant qu’il restera des crimes et des délits qui sont commis et qui ne sont élucidés la mission n’est pas remplie. Mon échec, c’est de n’avoir pas eu assez de temps pour mettre en place ce que je voulais faire. Mais tout ça prend du temps.
Allez-vous revenir en Guyane ?
Oui, dans le cadre de mes nouvelles fonctions. Il se dit que lorsque vous mangez le bouillon d’awara et lorsque vous allez danser chez Nana, vous revenez automatiquement. J’ai peut-être fait un coup double pour être sûr de revenir. Et ce n’est pas exclu que je revienne en période de carnaval.
Source : France Guyane

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