La Belle et la Dette

 

Que fera la belle Province ( le Québec) face à sa nouvelle dette publique ? Les dépenses dues à la pandémie l’ont elle gonflée inconsidérément ? car les Québécois, à force d’écouter tous les jours les statistiques données par le gouvernement ont fini par s’y intéresser et à comprendre que le ciel leur tomberait peut-être un jour sur la tête.

Sans passer pour un économiste, rappelons simplement que la dette publique est l’ensemble des engagements pris sous forme d’emprunt par un état ou un gouvernement et ses collectivités publiques. Elle est mesurée avec le produit intérieur brut (PIB) qui n’est autre que la production intérieure annuelle des biens et services du pays.

Ceci dit, les censeurs internationaux évaluent la santé des pays par le ratio plus ou moins fort du rapport entre la dette et le PIB. Plus le ratio est faible et plus le citoyen serait « heureux ». Les Québécois, comme les Français d’ailleurs, peuvent connaître, en temps réel, la qualité de la dette de leur pays en consultant sur internet le compteur qui lui est dédié. Affolant !

Mais faisons ensemble un rapide état des lieux pour comprendre la situation. Avec les emprunts effectués et connus pour contrecarrer les effets négatifs du COVID-19, la dette de la France, avec ses 2460 milliards, est passée en mars 2020 au-dessus des 100% du PIB et l’Italie à 159 %. Au Canada, la dette atteint les 1000 milliards de dollars, passant de 31 % à 45 % du PIB. Quant au Québec, elle en est à 272 milliards pour atteindre 53,5 % du PIB. Et son chômage est passé de 4,5 % à 8,1%.

Alors inquiet, le peuple québécois avec « son gros bon sens » posa un jour du mois de mai cette question à des éminents experts de la finance et de la politique : « N’y a-t-il pas danger pour l’avenir, de voir la dette s’alourdir à cette vitesse ? ».

Et là, ce fut une floraison de réponses dégoulinantes de compassion comme :

« Tant d’argent sur la table, c’est pour aider le pays à redémarrer »,

« Doubler nos dépenses, c’est pour sauver des vies »,

« On nous dit que la vie humaine est plus importante que tout. Alors nous devons protéger toutes les vies, tout le temps et de façon inconditionnelle ».

Mais aussi certaines d’une transparence qui laisse perplexe comme :

« Passer d’une dette allant de 31% du PIB à 45 % au Canada, il n’y a pas de quoi fouetter un chat ! Le Canada est le moins endetté de tous les pays du G7 ». Triste consolation !

« Et puis, vous savez bien, ces dettes ne sont pas liées à des échéances obligatoires comme pour les emprunts des particuliers…… ».

Pourtant, nous connaissons les réponses à une dette trop lourde : création de monnaie, dévaluation, austérité, baisse imposée des taux, refus de la rembourser tout ou partie avec les conséquences que cela implique……

Alors nous sommes en droit de nous poser la question : « si la dette est là pour sauver des vies », « si le remboursement du montant de la dette n’est pas sujet à date », pourquoi ne pas avoir amélioré, avant l’arrivée du CODIV-19, les services de santé (salaires du personnel de 1ére ligne, infrastructures, écoles de formation, matériel médical, etc.) ou améliorer les centres de santé, les hôpitaux et maisons de retraite sachant que 80 % des décès proviennent de ces établissements.

Cela aurait permis d’éviter bien des morts, de subir « l’abandon de poste » par 12000 préposés à la santé et mettre ainsi nos aînés en danger de mort, de transférer les malades d’hôpital en hôpital, d’obliger la population à se confiner pour subir enfin un marasme économique et humain.

Cela aurait été certainement moins « dispendieux ».

Le « bien-être » des peuples n’est donc pas la préoccupation majeure des politiques comme ils l’affirment si fortement devant les micros et la dette qui s’alourdit dangereusement ne profite qu’aux financiers et banquiers.

Si la Belle Province, semble-t-il, maîtrise sa dette, cette pandémie aura permis aux québécois de réaliser dans quel abîme humain ils pourraient sombrer si notre mentalité ne changeait pas, si nous ne montons pas au créneau pour défendre une civilisation occidentale plus « éclairée ».

Sommes-nous capables de modifier notre cap ? ……………car il y aura d’autres « cygnes noirs ». C’est une certitude.

Patrice Sautereau du Part

Correspondant VPF -Québec – Canada

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