Juste après sa garde à vue à la gendarmerie d’Annoeullin, il poste la photo d’un gendarme sur Facebook

Si les réseaux sociaux peuvent donner à leurs adeptes une sensation d’impunité, ce n’est pas le cas… Surtout quand la « cible » se trouve être un gendarme. Un jeune « client » de la gendarmerie d’Annœullin s’en est aperçu à ses dépens.

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Les faits se sont déroulés l’an dernier, dans les locaux de la gendarmerie d’Annoeullin.<br />
Les faits se sont déroulés l’an dernier, dans les locaux de la gendarmerie d’Annoeullin.

Anthony de la Chaux paraît très surpris de se retrouver face à des juges. En tout cas pour ce motif. Le 10 octobre dernier, ce jeune homme de 25 ans quitte la gendarmerie d’Annœullin où il vient d’être placé en garde à vue. Comme le veut la règle, de la Chaux avait remis à son arrivée toutes ses affaires aux militaires l’ayant reçu. Juste avant de quitter les lieux, il les récupère. Parmi ces objets, un téléphone portable. Un peu plus loin, à son bureau, un gendarme prépare la levée de garde à vue. L’enquêteur est affairé sur son ordinateur. Son interlocuteur dégaine son mobile et photographie le militaire à son insu.

« Deux jours plus tard, un collègue est venu interroger l’enquêteur, souligne un connaisseur du dossier. Il venait de voir le gendarme sur le profil Facebook de la Chaux. » Le photographié consulte la page de son ancien interrogé. Et se reconnaît, en tenue et dans ses locaux. Sous le cliché, un commentaire : « Il est en train de prendre la déposition. MDR. » « Je ne pensais pas à mal, se justifie de la Chaux devant le tribunal. Je ne l’ai pas menacé. » « Au minimum, vous vouliez vous moquer de lui, non ? », interroge le président Mikaël Simoens. « Non, ce n’était pas pour le narguer », réagit le prévenu.

Le gendarme, lui, n’apprécie pas la situation. Il doit notamment essuyer les remarques. Existe-t-il une connivence entre lui et ce jeune homme, aujourd’hui incarcéré pour un autre motif ? Les dossiers de la Chaux sont-ils traités sous influence ? Le casier judiciaire du suspect est chargé, notamment en délits routiers. Le militaire, aujourd’hui en poste outre-mer, est d’autant plus surpris et irrité que lors de cette fameuse garde à vue, il s’est plongé, pour les besoins de ses investigations, dans ce profil Facebook. « On ne fait pas n’importe quoi sur les réseaux sociaux, rappelle le procureur Blanguernon. Il y a des règles précises pour encadrer ces libertés. » Sanction : un mois de prison.

Source : La Voix du Nord

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