«Gilets jaunes» : plus de manifestants à Paris, une centaine de personnes arrêtées

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Selon les chiffres officiels, 8000 «gilets jaunes» ont défilé à Paris samedi, retrouvant la mobilisation des 24 novembre, 1er et 8 décembre. 167 personnes ont été arrêtées, 15 déjà présentées à la justice.

Plus de «gilets jaunes», mais moins de violences observées. Voici résumé en deux mots l’acte IX à Paris ce samedi 12 janvier. Plus de monde car, avec quelque 8000 personnes mobilisées selon les décomptes officiels contre 3500 le 5 janvier, les «gilets jaunes» ont retrouvé les chiffres des manifestations parisiennes des 24 novembre, 1er et 8 décembre. Avec 84.000 manifestants au niveau national, chiffre officiel là encore, on est en forte progression par rapport au 5 janvier.

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Le mouvement a clairement trouvé un second souffle. Qui, samedi à Paris, ne s’est pas accompagné d’une flambée incontrôlée de violences comparable à la bataille rangée sur les Champs-Élysées le 24 novembre et surtout aux saccages observés le 1er décembre. Il y a certes eu, dans le sillage des «gilets jaunes», des dégradations (plusieurs scooters renversés et brûlés, des feux de poubelle sur les Champs-Élysées, une vitrine cassée boulevard Haussmann…). On a pu également observer que des personnes se réclamant de l’ultragauche se trouvaient bien «au contact» des forces de l’ordre. Mais les violences sont restées limitées.

De ce fait, on a observé, selon un décompte effectué dimanche en fin de matinée, une baisse du nombre de personnes interpellées (167 à Paris pour notamment «participation à un groupement en vue de commettre des violences, port d’arme prohibée, violences à agents de la force publique») et d’individus placés en garde à vue (155 selon le parquet de Paris). En début de soirée samedi, on ne déplorait pas non plus de dérapages comparables à l’attaque d’un ministère ou à l’agression de gendarmes observées le 5 janvier. Dimanche après-midi, 111 personnes étaient toujours en garde à vue, 15 avaient été présentées à la justice en vue d’éventuelles poursuites.

À l’heure où les derniers manifestants étaient repoussés des Champs-Élysées, trois policiers surgissaient et, en l’espace de quelques secondes, interpellaient un manifestant

Un tel bilan est dû à deux facteurs. Le premier tient à la mobilisation des forces de l’ordre et à l’efficacité du dispositif mis en place par la préfecture de police de Paris et le ministère de l’Intérieur au cours des dernières semaines. Quelque 5000 policiers et gendarmes étaient mobilisés à Paris (80.000 sur la France entière). Sur le terrain, on a pu observer que le dispositif avait bien fonctionné. Dispositif statique avec le blocage du bas des Champs-Élysées et le «cadenassage» du quartier de l’Élysée/place Beauvau, du Palais Bourbon ou du quartier des ministères.

L’Arc de triomphe était aussi protégé et les avenues convergeant vers la place de l’Étoile étaient bloquées. Dispositif dynamique aussi avec l’engagement de détachements d’action rapide formés de policiers plus légèrement équipés que les CRS et les gendarmes mobiles. Ces détachements qu’on a pu voir à l’œuvre, entre autres lieux, boulevard Haussmann ou rue La Boétie, ont pour mission de jaillir et d’interpeller les individus les plus «remuants». Samedi en fin d’après-midi, à l’heure où les derniers manifestants étaient repoussés des Champs-Élysées, trois policiers surgissaient ainsi et, en l’espace de quelques secondes, interpellaient un manifestant sans que ses camarades aient le temps de réagir autrement que par des huées.

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Symbole de ce bon bilan en matière de maintien de l’ordre: les 14 blindés à roue de la Gendarmerie nationale ont bien été déployés mais n’ont pas eu à intervenir. Lundi, le premier ministre, Édouard Philippe, avait déclaré que «depuis décembre, les modes d’intervention ont été adaptés, avec la mobilisation de détachements d’action rapide chargés d’intervenir et d’interpeller un maximum de casseurs en envoyant les policiers «au contact», et de les traduire devant la justice. Ce mode d’action sera consolidé.» Et il a donc visiblement fonctionné.

Second facteur de ce bilan parisien plutôt modéré: l’attitude des «gilets jaunes» eux-mêmes. On n’a pas observé samedi ces comportements de plus en plus violents, cette radicalité que les autorités craignaient. On a même constaté l’existence d’un embryon de service d’ordre qui n’a certes pas l’efficacité des SO des grandes centrales syndicales mais qui démontre une volonté de dialogue de certains. Sur les Champs-Élysées et la place de l’Étoile, des heurts ont été observés. Mais les manifestants étaient moins nombreux, sont restés moins longtemps sur place et ont surtout été beaucoup moins violents. Cet apaisement, relatif, va-t-il se prolonger? Réponse probablement samedi prochain.

Source : Le Figaro

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