Garde a vue pour avoir allumé deux « écobuages », des agriculteurs rassemblés devant la gendarmerie

Plusieurs dizaines d’agriculteurs étaient rassemblés, ce matin, devant la gendarmerie de Tarascon-sur-Ariège où un jeune éleveur, Rémi Denjean a été placé en garde à vue pour « destruction par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation d’autrui pouvant créer un dommage irréversible à l’environnement ». Il a été interpellé ce dimanche, à 14 heures, par les agents de l’ONCFS alors qu’il venait d’effectuer deux mises à feu d’écobuages. Selon le parquet, « l’incendie était [hier, NDLR] en cours dans la forêt domaniale de Montcalm, propriété de l’Etat. » Ce que conteste l’ASPAP dans un communiqué de presse transmis dans la journée : « La forêt prétendument incendiée se trouve à plus d’une heure de marche séparée des  lieux par plusieurs torrents ».

 

A l’issue de cette matinée, il semblerait que le jeune homme ait été transféré dans les locaux de la gendarmerie de Pamiers tandis qu’une expertise, sur place, est prévue cet après-midi. En attendant, la garde à vue de l’éleveur pourrait être prolongée 24 heures de plus.

Connu localement, il est notamment membre de l’ASPAP, l’association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège-Pyrénées, ainsi que des Jeunes Agriculteurs. Ses soutiens, venus en nombre ce matin, dénoncent notamment « des méthodes fortes et inédites, disproportionnées au regard des faits reprochés » et qui s’inscrivent, pour eux, dans une « tentative d’intimidation du procureur de la République ». Philippe Lacube, membre de l’ASPAP, n’en démord pas : « on est des paysans, pas des criminels, pourtant, on nous traite tel quel. »

15 000 ha ravagés tous les ans en Ariège

La pratique de l’écobuage est encadrée. Les mises à feu doivent être déclarées auprès de l’administration. « Or chaque année, de nombreux incendies volontaires sauvages, ni dirigés, ni surveillés, ravagent des milliers d’hectares de bois, forêt et autres végétation », souligne Karline Bouisset, procureur de la République. Avant d’ajouter :  » cette problématique est importante en Ariège, on estime en moyenne à environ 15 000 hectares la surface brûlée annuellement dans ce département », précise-t-elle.

Des risques pour les randonneurs

Dimanche soir, « le feu remontait la pente entre le pic des 3 Comptes et le pic rouge de Bassiès » a précisé le Parquet. Une zone naturelle d’intérêt écologique.

« Toutes les espèces végétales ou animales présentes sur le site sont impactées », ajoute la procureur  qui poursuit dans un communiqué : « Cette zone est par ailleurs très fréquentée par les randonneurs. En ce jour particulièrement ensoleillé propice à la randonnée, 49 voitures ont été comptabilisées sur le parking de l’Artigue. En effet le GR n° 60 passe à proximité de la zone incendiée ».

Selon l’ASPAP, « il n’a pas été porté atteinte à la sécurité des personnes, cette zone sans balisage se trouvant à l’écart des itinéraires de randonnée et se situant à 2h30 du premier parking, avec un fort dénivelé. »

Le feu, qui progresse dans une zones dificile d’accès, a été laissé « libre ». Une reconnaissance devait être menée dans la journée d’aujourd’hui pour suivre l’écolution de l’incendie.

Source : La Dépêche

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